Le rĂ©alisateur, scĂ©nariste de La vie aquatique, La famille Tenenbaume, The Grand Budapest Hotel et tant d’autres longsĂ© mĂ©trages au style et Ă l’esthĂ©tisme si particulier est de retour au cinĂ©ma avec The french dispatch. Dans ce film Wes Anderson, visionnaire nommĂ© aux Oscars, met Ă l’honneur la France, un pays qui lui est cher tant qu’il vit Ă Paris. Pour se faire, il s’est entourĂ© d’un casting impressionnant tant amĂ©ricain que français : Owen Wilson, Adrien Brody, Frances McDormand, Jason Schwartzman, Edward Norton, Bill Murray, TimothĂ©e Chalamet, Lyna Khoudri, LĂ©a Seydoux et Mathieu Amalric pour ne citer qu’eux.

Synopsis : Alors que le rĂ©dacteur en chef du magazine The French Dispatch vient de mourir, toute lâĂ©quipe du journal se rĂ©unit pour Ă©crire sa nĂ©crologie. Les souvenirs liĂ©s Ă ce patron bien-aimĂ©, Arthur Howitzer Jr, originaire du Kansas, vont se fondre dans quatre rĂ©cits : un carnet de voyage au cĆur des quartiers louches de la ville Ă©crit par le Reporter Ă bicyclette ; « Le chef-dâĆuvre de bĂ©ton », un reportage sur un peintre fou criminel, sa muse et la rapacitĂ© du monde de lâart ; « Refonte dâun manifeste », une chronique de lâamour et de la mort sur les barricades en pleine rĂ©volte Ă©tudiante ; et « La salle Ă manger privĂ©e du commissaire », une histoire de suspense, de drogue, de kidnapping et de gastronomieâŠ
The french dispatch se dĂ©roule donc en plusieurs sĂ©quences assimilables Ă des sketchs qui illustrent diffĂ©rents articles Ă©crient dans un journal amĂ©ricain basĂ© dans une petite bourgade Française fictive justement nommĂ©e Ennui-sur-blasĂ©. TournĂ© Ă AngoulĂȘme, ce film est Ă l’image des Ćuvres prĂ©cĂ©dentes du rĂ©alisateur d’un point de vue esthĂ©tique puisque le style y est extrĂȘmement lĂ©chĂ©. L’ambiance loufoque et dĂ©jantĂ©e est bien prĂ©sente ainsi que l’attention du dĂ©tail. L’image est gĂ©omĂ©triquement parfaite, les dĂ©cors sont minutieux, les plans soignĂ©s et la palette de couleurs extrĂȘmement riche. Chaque article illustrĂ© a son ambiance et son style que ce soit en prise de vue rĂ©el ou en animation, l’esthĂ©tisme poussĂ© Ă son paroxysme est certainement leur point commun Ă tous.
Malheureusement passĂ© cette technique parfaite, narrativement parlant le film est assez pauvre et l’ambiance dĂ©calĂ©e de Wes Anderson vient assez vite Ă lasser le spectateur. La voix off extrĂȘmement prĂ©sente nous tape rapidement sur le systĂšme tant elle ne nous laisse pas apprĂ©cier les situations exposĂ©es, et le manque de cohĂ©rence entre les diffĂ©rentes aventures relatĂ©es par ce petit canard nous permet de dĂ©crocher facilement. Tout est dans l’excĂšs et demande trop d’attention et de concentration, le visuel dĂ©taillĂ© crĂ©e un style mais si le style est important, le fond l’est tout autant. Wes Anderson l’a semble t-il oubliĂ© dans ce long mĂ©trage, peut-ĂȘtre parce qu’il n’est pas Ă l’origine de toutes ces scĂ©nettes.
MalgrĂ© le manque manifeste d’Ă©motion et d’humanitĂ© dans l’Ă©criture et la place laissĂ© aux personnages le casting grandiloquent reste incroyable, que ce soit les habituĂ©s du rĂ©alisateur Bill Murray (S.O.S fantĂŽmes) , Owen Wilson (Loki), Adrien Brody (Succession), Jason Schwartzman (Bored to death) ou les petits nouveaux comme le banquable TimothĂ©e Chalamet (Dune). Tous sont justes et Ă©clatants mĂȘme les frenchies. LĂ©a Seydoux (Mourir peut attendre), Lyna Khoudri (Hors normes, Les sauvages), Mathieu Amalric (Le bureau des lĂ©gendes), ou encore Guillaume Gallienne (La vengeance aux triples galop). Toute la distribution se donne au maximum mais n’arrive pas Ă palier le dĂ©sĂ©quilibre des sĂ©quences et le manque d’empathie du film. Bref une belle dĂ©ception.
5/10
Date de sortie : 27 Octobre 2021
Réalisation : Wes Anderson
Casting : Timothée Chalamet, Léa Seydoux, Bill Murray, Elizabeth Moss
Genre : Comédie, Drame, Romance
Nationalité : Américain, Allemand
Distributeur : The Walt Disney Company France

[…] de JĂ©rĂ©mie RĂ©nier, quâon apprĂ©cie pourtant dâhabitude pour sa simplicitĂ© et sa sobriĂ©tĂ©. Lyna Khoudri fait du Lyna Khoudri, pas de grande fulgurance de ce cĂŽtĂ© lĂ , mais peut-on la blĂąmer pour ça ? […]