Après le film culte Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, Alain Chabat retrouve l’univers d’Astérix mais cette fois dans une version animée. Présentée en avant-première lors de la dernière édition de Séries Mania, Astérix et Obélix : Le Combat des chefs est une petite pépite, disponible dès ce mercredi 30 avril sur Netflix.

Quand on annonce une collaboration entre Alain Chabat et Astérix, les étoiles sont déjà présentes dans les yeux. Forcément, comparée à la dernière adaptation infligée par Guillaume Canet (L’Empire du Milieu) en 2023, impossible de faire pire.
Alain Chabat renoue avec Astérix
C’est à partir de 2016 qu’Alain Chabat travaille sur un premier jet d’adaptation de l’histoire du Combat des Chefs, publié en 1966, sans encore savoir sous quel format. Cette idée fuite sur les Internets, c’est alors qu’Hachette est venu voir Alain Chabat pour développer très sérieusement le projet. N’étant jamais fan de refaire les mêmes potions dans les mêmes marmites, après la merveilleux film de 2002 en prise de vues réelles qu’est Mission Cléopâtre, c’est vers l’animation 3D qu’il s’est tourné.
4 ans de travail plus tard, avec plus de 350 personnes investis dans le projet, les premières minutes de la série présentée en séance spéciale de la cuvée 2025 de Séries Mania sont grandioses. Rien qu’en voyant la scène d’introduction, le ton est donné, l’ampleur du travail accompli est visible à juste titre. « Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ. Toute la Gaule est occupée par les Romains… Toutes ? Non ! Un petit village d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur ». Bim paf bam paf boum paf, de la bonne baston entre gaulois et romains, évidemment à l’avantage de nos petits bretons, et on s’installe confortablement pour 3 fois 30 minutes de plaisir. La direction artistique est moderne, les bruitages fusent autant que les romains, les premiers questionnements sur quelles voix sont reconnaissables. Tout cela nous rappelle les principes de ce qu’on avait pu découvrir et profiter des adaptations animées d’Alexandre Astier.
Le Combat des Chefs raconte l’histoire de notre druide préféré Panoramix devenu amnésique suite à un malheureux lancer de menhir, tel un ciel qui tomba sur… vous l’avez. Qui dit perte de mémoire dit plus de de potion magique, mais dit aussi esprit totalement loufoque, dont Thierry Lhermitte signe les frasques et onomatopées du génie devenu fou. Il n’en fallait pas plus pour que les Romains, avec César à sa couronne, au travers de Aplusbégalix (Grégory Gadebois), défient en duel de chefs Panoramix. Un combat légal dans les règles de l’art, ou presque, afin de conquérir le dernier village des irréductibles… vous l’avez. On peut également noter un épisode entier (parmi les 3 épisodes vues) consacré à la fameuse histoire illustrée d’Obélix tombant dans la marmite quand il était petit. Une touche supplémentaire permettant de voir l’amitié renforcée d’Astérix et Obélix.
Des voix 4 étoiles
Le combat des chefs, c’est aussi des duels de personnages et de voix fortes : Astérix (Alain Chabat) et Obélix (Gilles Lellouche), Abraracourcix (Grégoire Ludig) et Bonemine (Géraldine Nakache), Jules César (Laurent Lafitte) et sa mère (Jérôme Commandeur, oui oui). Ce sont justement eux, les comédiens et comédiennes, qui ont été filmés pendant les premiers enregistrements de texte oral afin de donner des indications à l’équipe d’animation pour coller au mieux aux traits et intonations de voix de cette galerie de personnalités. Avec un Jules César absolument diabolique, où le réalisme visuel est plus prononcé, par rapport à d’autres noms où le côté cartoon garde l’ascendant sur le personnage. On veut bien évidemment voir les bandes en bonus sur Netflix.
Alain Chabat, accompagné de la maison de production toulousaine TAT, a promis d’être fidèle à la bande dessinée mais aussi à sa patte personnelle, tout en gardant en tête les interprétations de Roger Carel et de Christian Clavier, chacun dans leur style si propre à eux. Agrémenté de jeux de mots à la minute dignes des meilleurs vannes du Burger Quiz, cette version se savoure comme de l’hydromel à un banquet de victoire.
9/10
Article rédigé par Gw3ndoul
