Les sorties de la semaine ont de quoi faire oublier le passage à l’heure d’hiver : le retour d’Omar Sy en gentleman cambrioleur sur Netflix, un film d’horreur DC qui ne ressemble à aucun autre film de super-héros, et une enquête sous le soleil d’Aix-en-Provence en prime time sur France 2. Trois univers, trois publics, trois paris. On vous les raconte sans langue de bois, avec ce qui nous séduit comme ce qui nous laisse sur la réserve : voici un avis nuancé, pas un simple communiqué de presse.

Netflix : Lupin, Assane Diop revient en cavale (et en prison)
Quatre ans après la fin de la partie 3, Assane est toujours derrière les barreaux et rêve seulement de purger sa peine pour tenir sa promesse de rejoindre sa famille au Sénégal avec son fils. Mais une annonce signée « Lupin » prévient de cambriolages simultanés dans plusieurs musées. Malgré une sécurité renforcée, les vols ont lieu, et tous les indices accusent Assane. Pour prouver son innocence et démasquer l’imitateur, il va devoir s’évader et reprendre le costume.
La série, inspirée du personnage d’Arsène Lupin de Maurice Leblanc, est créée par George Kay et François Uzan, avec Omar Sy et Louis Leterrier comme showrunners. Elle réunit Omar Sy dans le rôle d’Assane Diop, Ludivine Sagnier dans celui de Claire et Soufiane Guerrab dans celui de Youssef Guédira, avec aussi Antoine Gouy et Shirine Boutella.
Le principal atout de cette partie 4 tient dans son renversement : Assane, habitué à manipuler les autres, semble cette fois manipulé lui-même, et un imitateur en roue libre promet un duel qui change du simple jeu du chat et de la souris.
Les huit épisodes sont mis en ligne d’un seul coup, ce qui donne le choix entre le marathon et la dégustation. En revanche, au quatrième tour de piste, le risque de la redite existe : les évasions spectaculaires et les déguisements, marque de fabrique du personnage, peuvent finir par ressembler à un numéro rodé, et le pitch ne dit pas encore comment la série renouvellera le schéma après trois parties.
Parmi les sorties de la semaine, c’est celle qui vise le plus large. Elle s’adresse aux fans de la série qui veulent retrouver Assane et à ceux qui aiment les films de braquage et les récits d’évasion, plutôt qu’aux spectateurs en quête d’une grande révolution de genre.
Où voir Lupin : sur Netflix, les huit épisodes sont disponibles dès le vendredi 23 octobre.

France 2 : Simon Coleman, saison 4, le polar solaire où l’on élève des ados entre deux enquêtes
Simon Coleman, ancien policier parisien habitué aux missions sous couverture, a posé ses valises à Aix-en-Provence pour élever ses neveux et nièces, Violette, Clara et Sam, après la mort brutale de leurs parents. Cette saison 4 l’envoie d’un court de padel à un site archéologique, en passant par une partie d’échecs mortelle, tandis que sa vie privée se complique : il se lie avec une nouvelle voisine, amie de sa sœur disparue, et une inspectrice de l’Aide sociale à l’enfance commence à s’intéresser à sa garde des enfants.
La série est créée par Thomas Perrier et Alexandra Echkenazi. Elle réunit Jean-Michel Tinivelli dans le rôle de Simon Coleman, Flavie Péan dans celui de la capitaine Chloé Becker et Lilie Sussfeld dans celui de Violette, avec aussi Romane Libert et Noam Kourdourli.
Le vrai point fort tient à ce mélange d’enquête de la semaine et de chronique familiale : la menace sur la garde des enfants donne un enjeu de fond à une série qui pourrait se contenter d’un crime par épisode, et les décors du Sud apportent une lumière qui change des polars nordiques. Six épisodes de 52 minutes, c’est aussi un format digeste. En revanche, la formule reste très codée : le cadre de province, les enquêtes aux décors variés mais à la mécanique identique, et une romance qui peut tirer le récit vers le feuilleton sentimental.
Ce n’est pas une nouveauté absolue parmi ces sorties de la semaine, puisque la saison a démarré le 9 octobre, mais c’est la plus familiale et la plus rassurante du trio. Elle s’adresse aux amateurs de polars cosy à la française et aux foyers du vendredi soir, plutôt qu’à ceux qui cherchent de la noirceur ou du rythme à l’américaine.
Où voir Simon Coleman : sur France 2 le vendredi 23 octobre en soirée, avec le rattrapage des premiers épisodes sur france.tv.

Cinéma : Clayface, le monstre de Gotham passe au film d’horreur
Matt Hagen, étoile montante d’Hollywood à Gotham, voit sa carrière brisée lorsqu’un criminel le défigure. Abandonné par son entourage, il accepte un traitement expérimental censé lui rendre son visage. Mais la procédure déclenche des mutations qui perturbent son corps, son identité et sa perception de la réalité, et lui donnent un pouvoir de métamorphose qui menace de le dévorer.
Le film est réalisé par James Watkins, d’après un scénario cosigné par Mike Flanagan et Hossein Amini. Il met en scène Tom Rhys Harries dans le rôle de Matt Hagen, Naomi Ackie et Max Minghella, aux côtés d’Eddie Marsan.
L’idée est séduisante : un film de DC qui assume le body horror et la tragédie de la vengeance plutôt que le grand spectacle, avec une histoire d’obsession de l’apparence qui change des équipes de super-héros habituelles.
Mais le pari est risqué : le sujet (l’identité qui se dissout) peut vite devenir très sombre, et il faudra voir si la mise en scène de James Watkins tient la promesse d’un vrai film de monstre sans tomber dans la surenchère de chair et de sang. Un détail à retenir pour les curieux : le film est classé R aux États-Unis pour sa violence et ses images dérangeantes.
Si une seule des sorties de la semaine devait vous faire sursauter, ce serait celle-là. Il s’adresse donc à un public adulte, amateur d’horreur corporelle et curieux de voir DC sortir des sentiers battus, et certainement pas aux enfants fans de super-héros.
Où voir Clayface : au cinéma, dès le mercredi 21 octobre.
Toutes les sorties de la semaine ne se valent pas : Lupin joue la carte du plaisir rassurant, Simon Coleman celle du polar de province, Clayface celle du frisson qui dérange. Chacun y trouvera, ou non, son compte dans ces sorties de la semaine. Et vous, laquelle allez-vous regarder en premier, ou au contraire snober ? Dites-nous tout en commentaire, les désaccords sont les bienvenus.
