[Notre avis] La Rivière des Disparues (Max) : Une intrigue sans vague

Présentée en avant-première au Festival Séries Mania 2025 et diffusée à partir du 27 mars sur la plateforme de streaming Max, La Rivière des Disparues (Long Bright River) portée par Amanda Seyfried – également productrice exécutive de la série – évoque la crise des opioïdes aux Etats-Unis sous fond de drame personnel. Une fiction sombre adaptée du roman éponyme de Liz Moore qui s’est aussi attelée à l’écriture des scénarios.

Synopsis : Mickaela, jeune agent de patrouille et mère célibataire, parcourt les rues de Philadelphie bien décidée à faire la lumière sur les mystérieuses, et très suspectes, overdoses qui touchent des jeunes femmes sans domicile fixe. Lorsque sa propre sœur, addict elle aussi, disparaît, Mickey décide de mener elle-même une enquête qui va faire remonter à la surface un passé qu’elle a eu du mal à enterrer.

Une série mystérieuse portée par Amanda Seyfried

La Rivière des Disparues (Long Bright River) est-elle une bonne série, arrivée trop tard ? Après le visionnage des 4 premiers épisodes de la série américaine à retrouver sur la plateforme Max, la question semble plus que légitime. Les éléments fondamentaux d’une création du genre (comprendre la fiction policière) sont pourtant bien là : une héroïne taiseuse à l’histoire compliquée qui élève seule mais brillamment un enfant précoce, des morts apparemment naturelles qu’elle seule soupçonne d’être criminelles et une ambiance générale plutôt pesante. Mais de bons ingrédients ne font pas toujours une recette réussie, et c’est précisément là que se loge l’épine dans le pied de La Rivière des Disparues.

Arrivée après True Detective ou encore Mare Of Easttown, elle souffre indubitablement de la comparaison. La faute à de nombreux clichés, là où ses prédécesseurs avaient su insuffler une indéniable originalité. Ici, Mickey (incarnée par une Amanda Seyfried toujours aussi impeccable) remplit tous les stéréotypes de l’héroïne brisée/mère courage que la vie n’a pas épargné. En tant que telle, elle est évidemment en rupture avec sa famille et ne voit guère que son grand-père (John Doman : The Affair, Eric). Elle est une flic qui comprend tout et rapidement (ou du moins bien plus vite que ses collègues) mais ne laisse personne pénétrer ses secrets. Une créativité en berne qui n’arrange pas les affaires d’une enquête dans laquelle on a du mal à entrer.

La Rivière des Disparues : un fil rouge qui se casse trop tôt

Bien qu’elle soit liée à l’histoire de Mickey et de sa sœur, Kacey (Ashleigh Cummings), l’intrigue policière ne parvient jamais à passionner (pour rappel, seulement les 4 premiers épisodes ont été visionnés). Si les allers-retours dans le temps permettent de découvrir la relation compliquée des deux jeunes femmes, l’écriture peine à recréer leur complicité, faute de profondeur tangible. Un manqué qui fait perdre de vue les enjeux de l’enquête et des motivations de Mickey. Pour autant, ces sauts temporels ont le mérite d’insuffler des reliefs scénaristiques particulièrement bienvenus dans un ensemble plutôt contemplatif. Une tiédeur globale que même le talent (immense) d’Amanda Seyfried ne parvient pas à sauver. Et c’est fort dommage, l’actrice aurait mérité bien mieux qu’un ersatz de True Detective.

Article rédigé par Marina Leggiero

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