Aujourd’hui sort sur les écrans Plus fort que moi de Kirk Jones. L’histoire vraie adaptée de la vie de l’écossais John Davidson, atteint du Syndrome Gilles de la Tourette et ayant milité pour sa reconnaissance et médiatisation en Grande Bretagne

Synopsis : Dans l’Ecosse des années 1980, John Davidson, un adolescent de quinze ans est diagnostiqué du Syndrome Gilles de la Tourette. Cette pathologie encore méconnue provoque moqueries, incompréhension et intolérance au sein de la petite ville de Galashiels et met à mal la cellule familiale, qui peine à surmonter cette épreuve…
Tout seul on va vite plus vite
Si l’année 2026 se profile comme étant une grande année de cinéma, suscitant des attentes considérables (Coucou Christopher Nolan, coucou Steven Spielberg), elle sait aussi nous réserver son lot de petites surprises qui viennent bouleverser toutes nos émotions et ravir nos cœurs. Plus fort que moi est définitivement cette petite pépite qu’on n’attendait pas. Ou tout du moins, pas aussi fort que ça.
Le film retrace le parcours de John Davidson, activiste écossais qui a passé une grande partie de sa vie à sensibiliser les autres sur son Syndrome Gilles de la Tourette, une maladie neurologique qui lui a été diagnostiquée à l’âge de quinze ans.
Des moqueries dont il est la victime à l’adolescence, à l’incompréhension et l’intolérance qu’il subit à l’âge adulte, le film n’épargne rien. Il nous montre l’impuissance avec laquelle John doit apprendre à vivre et au désintérêt médical face à son trouble. Il compose, s’excuse, conscient qu’il dérange, qu’il perturbe. Jusqu’à sa rencontre avec Dottie, la mère d’un ancien camarade de classe, infirmière en psychiatrie, qui va l’aider dans l’appréhension et la gestion de sa maladie au quotidien.
Ensemble on va plus loin
Le sujet est délicat et pourtant jamais traité avec misérabilisme ou mièvrerie. Kirk Jones réussit le pari d’éviter tous les écueils du genre et à faire de Plus fort que moi un feel good movie comme on en a rarement vu. C’est doux, c’est lumineux. Et c’est un pure comédie, tant le réalisateur parvient à désamorcer la gravité du sujet avec des moments suspendus, d’une drôlerie infinie. Et le plus important, on ne rit jamais de John, mais avec John, des situations ubuesques qu’il a conscience de provoquer.
Forcément on ne peut que saluer la performance de Robert Aramayo qui incarne John Davidson. Osons les superlatifs, il offre ici une interprétation remarquable, la meilleure de l’année, toute en nuances et en subtilité, toute en émotion. Mon Dieu que ce BAFTA du meilleur acteur était mérité (Désolée Timothée Chalamet) !
S’il y a des films qui rendent le monde meilleur, qui sont des leçons de tolérance, des bijoux de tendresse et de bienveillance, alors Plus fort que moi fait assurément partie de ceux-là. En retraçant le parcours hors du commun de John Davidson, Kirk Jones réussit la prouesse de faire un biopic poignant, drôle et engagé. On est le 1er avril, et ce n’est pas une blague, on a peut-être déjà trouvé notre coup de cœur de l’année.
10/10
Article rédigé par Marion Pluss.
