Disponible dès le 8 avril sur Disney+, nous avons eu la chance de découvrir en avant-première mondiale les deux premiers épisodes de The Testaments, spin-off de The Handmaid’s Tale, scénarisé par Bruce Miller, lors de la toute dernière édition du Festival Séries Mania.

Synopsis : S’inscrivant dans l’univers de la Servante Écarlate, The Testaments retrace l’histoire d’Agnès, élevée depuis sa plus tendre enfance dans Gilead. Douce, docile, ne remettant pas en question l’ordre établi, Agnès va faire la connaissance de Daisy, une nouvelle venue qui va découvrir les règles impitoyables de Gilead. Une rencontre qui va bouleverser leur vie.
Blessed be the book
Il n’est pas rare que les projets de spins-off, sequels, requels et autres legacyquels annoncent l’épuisement d’une franchise populaire dont on essaie d’extraire le jus jusqu’à la dernière goutte. Ces dernières années ont vu renaître de leurs cendres bons nombres de succès, qu’on aurait eu envie de remettre dans la tombe aussitôt. (Coucou Scream 5, 6 et 7). C’est un peu la peur qu’on avait ici avec The Testaments. Voir Margaret Atwood revenir plus de trente ans après la parution de son œuvre phare et reprendre les commandes de Gilead nous laissait un peu perplexe. Et pourtant…
May the love open
On admet ici avoir un amour incommensurable pour le roman de la Servante Écarlate, et beaucoup d’admiration pour son adaptation sérielle, cependant nous n’avons pas lu sa suite Les Testaments. Et c’est peut-être tant mieux, puisqu’on a d’autant plus eu l’occasion de se laisser saisir et séduire par ces deux premiers épisodes.
Dès la première séquence nous sommes plongés dans le quotidien d’Agnès, fille de Commandant, bien née et privilégiée. Réveil, habillage, petit déjeuner, bus scolaire, école… Le quotidien, somme toute normal, d’une jeune américaine comme les autres. La lumière est douce, les couleurs utilisées flashy, les musiques choisies totalement pop. On flirte avec le teen movie. Mais on est à Gilead, on sait. Par touches les signes apparaissent, ne trompent pas et viennent entacher la vision naïve qu’Agnès nous offre sur son mode de vie.
Par le regard d’Agnès, on voit que les femmes sont au cœur du récit, elles sont partout, dans chaque scène, dans chaque plan, elles crèvent l’écran. Elles ont l’air d’être les meneuses, celles qui dirigent, celles qui choisissent, celles qui guident. Douce illusion, puisque les hommes, grands absents du premier épisode, sont là, tapis dans l’ombre pour exercer le contrôle. Le contrôle des corps, le contrôle des idées, le contrôle des envies, et même le contrôle de la colère, qui doit être libérée mais dirigée contre les parias, ceux qui dérogent au système, ceux qui lui sont sacrifiés.
Les scènes où la colère se déchaîne sont terrifiantes, et pourtant jamais autant que lorsque les hommes rejoignent le récit au cours du deuxième épisode. Chacun véhiculant un sentiment d’oppression, de tension et de malaise.
Pour incarner ces femmes, un casting fabuleux qui donne corps à la série. On retrouve Ann Dowd, plus impitoyable et charismatique que jamais en Tante Lydia. Mais également Chase Infinity (Une bataille après l’autre) et Lucy Halliday qui, l’une et l’autre, viennent apporter une touche de fraîcheur dans un univers terrifiant qui pèse sur nos cœurs. Elles sont l’étincelle et on rêve qu’elles provoquent l’incendie.
Le tout est porté par une mise en scène divinement élégante, une photographie léchée, et une direction artistique qui parvient à habiller l’horreur de satin. Chaque détail est important, chaque couleur choisie avec soin. Le décalage entre la beauté visuelle et la violence sous-jacente du récit est puissant. Il prend aux tripes et donne la chair de poule. Tout est pensé, codifié et rien n’est laissé au hasard. Vous l’aurez compris, nous sommes un peu dithyrambiques sur ces deux premiers épisodes. Et on n’a qu’une hâte, découvrir la suite le 8 avril.
8/10
Article rédigée par Marion Pluss.
