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Rencontre avec Michael Weatherly, le héros de la série Bull

C’est lors du 57ème Festival de la Télévision de Monte-Carlo que nous avons pu rencontrer Michael Weatherly, l’ex Tony DiNozzo de NCIS fait son retour à la télévision avec le rôle de Bull. Qui est donc ce nouveau personnage qui débarque ce vendredi 22 juin sur M6 ?

Quel a été votre meilleur souvenir de la saison ?

 Michael Weatherly : Je me réveille dans un champs, à côté d’une vache, sans pantalon. Episode quatre : Calisto. (rires)

 Est ce que cela a été difficile de quitter DiNozzo pour enfiler le costume de Jason Bull ?

Michael Weatherly : Ce n’est pas réellement difficile de changer de rôle, la difficulté principale c’est de parvenir à créer un nouveau personnage. J’ai vraiment eu l’impression d’avoir bouclé la boucle avec DiNozzo, de ne rien avoir laissé d’inachevé. Néanmoins, DiNozzo me manquera forcément parce que je sais que de temps en temps, je me demanderai si j’aurai l’occasion de le jouer à nouveau et comment je le jouerai si cela arriverait mais NCIS n’a pas besoins du retour de DiNozzo.

En quoi Jason Bull vous offre de nouveaux challenges ?

Michael Weatherly : J’ai pris beaucoup de plaisir à tenter de comprendre Dr Jason Bull. C’est très motivant de construire un nouveau personnage, parce que cela vous place constamment devant de nouveaux challenges tous les jours. Vous ne savez jamais ce qu’il va se passer. J’essaie, en tant qu’acteur, de ne jamais trop anticiper, parce que parfois, vous vous trouvez désemparé. J’ai tendance à arrêter de sur-intellectualiser, de trop penser. Pour DiNozzo, j’ai refusé mon inclinaison personnelle à analyser, encore et encore, à me projeter, à anticiper… Je me suis dit que ce n’était pas le personnage, DiNozzo n’est pas ainsi, c’est un personnage simple, avec des plaisirs simples, son monde est simple : il a un patron et son patron lui indique ce qu’il doit faire, il n’a pas à réfléchir. Bull est le patron mais Bull n’a jamais eu de chef au-dessus de lui, il a toujours été le chef de son propre monde. C’est un personnage hyper intéressant et je prends énormément de plaisir à essayer de comprendre qui il est.

Durant un épisode, l’ex-femme de Bull revient. Nous étions au tout début du tournage et quelque chose n’avait pas de sens. J’ai appelé les auteurs et je leur ai demandé pourquoi il avait divorcé ? Je ne comprenais pas. Dans le script, il était écrit que tous les deux travaillaient beaucoup trop et qu’ils avaient fini par s’éloigner l’un de l’autre. Je ne trouvais pas cette raison satisfaisante, il fallait qu’il se soit passé quelque chose. Alors nous avons discuté et le lendemain, les auteurs avaient écrit une nouvelle scène où l’on apprenait que son ex-wife avait fait une fausse-couche et qu’il n’avait pas été là pour elle, pour l’aider et qu’elle lui reprochait d’avoir cacher sa grossesse auprès de sa famille. Nous avons donc construit cette histoire ensemble, une combinaison d’instinct et peut-être un peu de sur-intellectualisation mais quand j’ai vu l’épisode, j’ai commencé à comprendre davantage Bull. Il résout les problèmes des autres mais pas les siens. Et là, je me suis dit qu’il devenait vraiment intéressant. Il est différent d’un gars comme Gibbs, qui aime boire son whisky seul dans sa cave et construire son bateau. Bull est différent. Il est très sociable, il communique beaucoup, il est dans l’empathie et il possède une vulnérabilité naturelle. Je pense que je pourrai être plus ami avec Bull que je ne l’aurais été avec DiNozzo. Avec Bull, je pourrai dîner et parler du monde et je serai curieux d’écouter ce qu’il a à dire, ce qu’il pense.

Qu’est ce que cela fait d’être la star de la série ?

Michael Weatherly : J’ai vécu un moment très intéressant à New-York, l’automne dernier, parce que c’était pendant la campagne de promotion de la série. Il y avait des photos de Bull sur les bus, des panneaux publicitaires aux stations, partout où j’allais, je voyais cet immense visage qui me ressemblait. Mais ce n’était pas moi, c’était Dr. Jason Bull. C’était irréel. Bien sûr, j’étais particulièrement fier parce que j’ai laissé tombé le lycée il y a 27 ans pour devenir acteur. J’ai vécu à Manhattan. Et là, juste à côté, où j’ai eu mon premier logement, un placard avec un tout petit matelas pour dormir, il y a plus de 25 ans, tout ce dur travail accompli m’a amené à ce moment.

Et à Los Angeles, en conduisant mes enfants à l’école, ils regardaient les panneaux et criaient « Papa ! ». Alors, même quand je n’étais pas à la maison, ils pouvaient me voir. Et quand ils me demandaient ce que je faisais à New-York, je leur montrais la photo et leur disais « voilà ce que Papa faisait ».

Pensez-vous que la série peut être vue comme une critique de la justice américaine et si l’élection de Trump pourrait avoir un impact sur la série ?

Michael Weatherly : Oui, je pense que le système judiciaire américain est comme tous les systèmes judiciaires : les gens recherchent, et particulièrement dans des affaires importantes comme pour un meurtre, un système parfait et juste. Mais rien n’est parfait et juste parce que ce sont des êtres humain, jugeant d’autres êtres humains. Personne ne connaît tous les faits en permanence.

La série est fascinante parce qu’elle se sert du système judiciaire américain pour observer les gens faire des choix ou pensant avoir le choix alors qu’ils sont déjà convaincu, mais ils ne le savent pas encore. Comment ils ont grandi ? Comment était leur enfance, leur adolescence ? Où est ce qu’ils ont été à l’école ? Quel est leur couleur favorite ? Est ce qu’ils préfèrent les chats ou les chiens ? Est ce qu’ils ont grandi en ville ou à la campagne ? Est ce qu’ils savent faire du vélo ? Est ce que leur parent sont toujours mariés ? Est ce qu’ils ont perdu un proche ? Ces milliers de micro informations, c’est le jury numéro six, mais c’est aussi énormément d’autres personnes qui sont analysées tout autour du monde, pour d’autres raisons, que ce soit du marketing ou de la politique.

Voici qui nous sommes maintenant. Nous vivons dans un monde où nous sommes ciblés en permanence, identifiés, catégorisés et réduits. Voilà comment Bull est fascinante de bien des façons. Bull passe derrière le rideau et nous montre comment les choses se passent, comment elles fonctionnent, comment les gens sont analysés. Et en sachant cela, être plus attentif aux choses qui nous arrivent. Je pense qu’une série comme Bull réussit à montrer l’aspect disgracieux du progrès humain et comment l’organisation des idées, de la pensée peut tout changer et amener les gens à se rapprocher et créer ensemble. Il y a 20 ans, vous n’auriez pas pu parler d’une série qui creuse autant la psychée humaine.

Avez-vous déjà imaginé la fin de votre personnage ?

Michael Weatherly : Non. J’ai déjà imaginé ma fin. Dans une centaine d’années, quelque part en Jamaïque. Mais la fin de Bull… Il y a encore tellement à dire, tellement à faire. Je ne pense pas que Bull soit uniquement à propos du système judiciaire, ou seulement une série légale. Bull comprend que les gens peuvent être manipulés et il souhaite protéger ces personnages d’une manipulation de masse. Et comment peut-il vous protéger ? En vous manipulant. Voilà ce qu’il est. On dit que c’est mal de tuer quelqu’un, que si vous tuez, on vous condamne à mort. Mais je croyais que c’était mal de tuer ? Bienvenue au genre humain…

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