Séries/Tout commence avec un pilot

[Pilot] The Alienist : Aliénant jusqu’à l’ennui

Nouvelle venue de TNT, The Alienist est une série d’époque, basée sur un roman de Caleb Carr. Est-ce que la production absolument renversante permet à insuffler de la vie dans ce New York de fin de 19e siècle?

The Alienist – TNT – 2018

Synopsis : Dans le New York de la fin du 19ème siècle sous la responsabilité du chef de police Theodore Roosevelt, le spécialiste des maladies mentales Laszlo Kreizler s’intéresse à un impitoyable tueur qui laisse derrière lui les corps mutilés d’enfants. Face à l’impassibilité des pouvoirs publics, Kreizler tente d’identifier le responsable de ces meurtres horribles, épaulé par l’illustrateur criminel John Moore et Sara Howard, la première femme à faire son entrée dans l’univers très masculin de la police.

The Alienist suit un trio assez disparate à la poursuite d’un tueur en série, le premier Lazlo Kreisler (Daniel Brühl), un criminologue utilisant la psychologie pour résoudre ses crimes, à une époque où les troubles mentaux se décrivant sous le terme d’être aliéné d’où son titre The Alienist. Le deuxième larron étant John Moore (Luke Evans) un illustrateur pour le New York Times. Enfin, la troisième personne formant ce trio étant Sara Howard (Dakota Fanning), l’assistante intrépide du commissaire Theodore Roosevelt.

Cette mini-série de 10 épisodes explore donc le Gilded-Age dans un New York poisseux, absolument terrifiant. The Alienist déploie vraiment tous les éléments propres à une production Hollywoodienne, à savoir des décors délicieux, une reconstitution minutieuse, ainsi que des costumes d’époque exquis (ce manteau de Luke Evans, miam).

Brühl incarne un obsessionnel de la psychologie, avec un esprit brillant. Il est énigmatique et particulièrement investis dans ce personnage bordeline et vraiment glaçant. Il fait aucune fausse note, si ce n’est qu’il déclame des dialogues un peu trop convenus, trop clichés. En ce qui concerne Luke Evans, c’est assez étrange de le retrouver en 2e position, surtout dans un rôle plus proche d’un Watson que d’un Sherlock. Il a la carrure et le charisme d’être le rôle principal, mais ici, il sert de faire valoir à Kreisler, sans pour autant être mauvais dans ce rôle. Dans le bouquin, le personnage principal devait être celui de Moore. Ici, c’est Kreizler. Enfin, Dakota Fanning est dans ce rôle de pionnière, première femme à travailler dans un commissariat, et doit jouer des coudes pour se faire respecter, et est une coudée au dessus d’Evans.

Le vrai problème du Peak TV actuellement, et pour un sériephile comme moi-même, c’est que les schémas classiques de narration se voient à des centaines de kilomètres. The Alienist malheureusement emprunte ce chemin, alors qu’elle avait en main toutes les cartes pour en faire une série absolument fascinante. C’est dommage parce que rien ne sent le neuf. L’époque et le lieu, le livre sur lequel la série est basée, le casting et la production, tout est de premier plan. Le producteur Cary Fukunaga, réalisateur de True Detective Saison 1 est de la partie. On sent sa patte dans l’histoire, dans les choix de production. Malheureusement, dut à son départ en tant que réalisateur, on est face à The Alienist et il cela manque clairement d’énergie pour vraiment sublimer cette série. D’autant plus que pour la partie historique, The Knick fait mieux. Pour la partie polar/thriller,  des séries comme Mindhunter, ou encore Manhunt: Unabomber sont passées juste avant et sont clairement au-dessus.

C’est dommage, car les thèmes abordés sont plutôt dans l’ère du temps, à savoir l’avancement des femmes dans un monde masculin, où encore la traite des enfants (à fortiori dans la prostitution). La noirceur, le sérieux face à ces sujets, la violence à l’écran, tout est tout de même calculé pour être une série prestigieuse. Mais voila, c’est bien ici son point faible. Ce n’est pas son coté prestigieux, c’est son coté calculé. Il lui manque une âme, une énergie, un point central, ou une vision qui ferait adhérer le spectateur. En l’état, ce premier épisode m’a ennuyé.

Mais connaissant la genèse bien torturée de la série, qui avait déjà commencé dans les années 90, on comprend qu’en fait, ce projet était en avance sur son temps, s’est fait rattrapé, et battu sur la ligne d’arrivée. Dommage.

5.5/10

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