Avant-premières/Films

Barry Seal : Tom au coeur d’un embroglio incroyable

Vu en avant première lors du 43e Festival de Deauville, American Traffic est un exutoire fascinant sur la géopolitique américaine à travers un personnage « larger than life », incarné par un Tom toujours au top de sa forme.

American Traffic

Barry Seal – Universal Pictures – 2017

Synopsis : Avec son insolente démarche chaloupée et sa joie de vivre indécrottable, le pilote de la compagnie TWA Barry Seal faisait figure de héros dans sa petite ville paisible du sud des États-Unis. À la grande surprise de son épouse, Lucy, cet homme d’affaires séducteur et pilote respecté va devenir un acteur majeur de l’un des plus gros scandales de l’histoire contemporaine. Comment aurait-on pu s’imaginer que ce qui avait commencé par le transport clandestin de marchandises allait conduire Barry Seal à participer à la constitution d’une armée et au financement d’une guerre ? Une fois impliqué dans les agissements douteux d’une division quelque peu obscure du gouvernement – le transport de caisses de fusils d’assaut AK-47 et de cocaïne par kilos – l’as de l’aviation réussit à faire fortune en devenant l’un des éléments-clés de l’affaire Iran-Contra, plus connue sous le nom d’Irangate.

Je vous le dit d’emblée, ce film est une réussite avec quelques astérisques à prendre en compte.

Tom Cruise est vraiment le dernier acteur de sa génération à capter autant l’attention d’un métrage. Bien utilisé, il se révèle être un formidable atout pour tout projet cinématographique ayant pour but de ramener les spectateurs dans des sièges. Il est une star hollywoodienne à l’ancienne, c’est à dire que l’on sait qu’on va voir un film de Tom Cruise, avec son aspect “larger than life”, son charme, des prouesses acrobatiques, et tout ce que l’on attend d’un jeu d’acteur naturel extra-ordinaire. Sauf qu’avec cette attente autour de lui, c’est que s’il fait autre chose, le public reste sur sa faim. Le projet se doit d’être taillé autour de lui, ce qui ne laisse pas énormément de place autour. Et c’est le cas ici. Surtout avec un sujet aussi gros. Une série n’aurait pas été de trop, pour décortiquer l’aspect géopolitique.

Adapté d’une histoire vraie, American Traffic, est une œuvre à l’image de son réalisateur Doug Liman, un peu hybride et particulièrement efficace, ultra rythmée et endiablée. En reconstituant ce duo efficace, suite à Edge of Tomorrow, film de science-fiction complètement sous-estimé, Liman sait comment articuler son métrage autour de sa star. La propension de Tom pour des séquences extrêmes comme toutes ces scènes de survols en avion donne lieu à un métrage excitant. Son utilisation d’image d’époques, de musique à la fois funky et grandiloquent, notamment la 5e Symphonie de Beethoven, et un montage enfiévré, font qu’American Traffic est un film efficace, teinté de géopolitique donnant un fond et de la matière pour ne pas en faire un film bateau.

En effet, Barry Seal (Tom Cruise) est un pilote d’avion de la TWA, ennuyé par son quotidien répétitif, se retrouvant à la fois enrôlé par la CIA en 1978 incarné par sa liaison Schafer (Domhnall Gleeson toujours aussi efficace), et par le futur cartel de Medellin de Pablo Escobar, et par le colonel Noriega au Panama. Il se retrouve donc à s’envoler des États-Unis pour à la fois pour récupérer des photos de campements militaires communistes en Amérique Latine, transporter des armes Russes pour les Contras, des rebelles anticommunistes et surtout à être la mule officielle d’Escobar.

Dans cette histoire brillamment condensée par le script de Gary Spinelli, on a une structure narrative linéaire, entrecoupée par moment par des séquences auto filmée par Barry en 1985. American Traffic est une belle satire du système géopolitique américain qui ne se soucie de rien d’autre que de ces propres objectifs, aussi contradictoire entre elles sont-elles. La maison blanche et la CIA avaient d’autres intérêts que le DEA, l’ATF ou encore le FBI. Le script évoque entre autre des récents films basés sur des films réels tel que War Dogs ou Gold, avec des scénarios complètement rocambolesques sur la corruption des systèmes, mais incroyablement vrais.

Mais comme je l’ai cité plus haut, il n’y a pas beaucoup de place dans ce film et… Tom Cruise joue Tom Cruise. Barry Seal n’est pas beaucoup développé, il s’en tire systématiquement en flashant son sourire et ses lunettes empruntées directement de Top Gun. Les seuls personnages secondaires un tant soit peu développés sont Sarah Wright, la femme de Barry, celui de Schaffer et à la rigueur le cartel de Medellin. Je pense qu’il y a tout un pan du métrage qui s’est retrouvé coupé du montage, notamment avec des personnages incarnés par des acteurs tels que Lola Kirke et Jesse Plemons, couple policier de la ville de Mena en Arkansas, où Barry s’installe pour mener son entreprise d’exportation. Caleb Landry Jones fait ce qu’il fait de mieux, à savoir un personnage fêlé, maillon faible de l’organisation et accessoirement beau-frère.

Réussir à convier une telle histoire à dormir debout, aussi dense et absurde soit-elle, est une réussite de la part de Liman et Spinelli. Surtout quand on à Tom Cruise en vitrine. N’hésitez pas, vous ne serez pas déçu.

8/10


Date de sortie: 13 septembre 2017
Réalisateur: Doug Liman
Acteurs: Tom Cruise, Domhnall Gleeson, Sarah Wright, Caleb Landry Jones, Jesse Plemons
Genre: Comédie/Action
Nationalité: Américaine
Distributeur: Universal Pictures

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