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Big Little Lies : Série prestigieuse sur fond de mensonges et faux semblants

HBO lance le 19 février Big Little Lies, sa nouvelle mini-série prestigieuse, disponible dès le lendemain en US+24 sur OCS. Un casting 4 étoiles pour un thriller prenant, Big Little Lies est la série à ne pas manquer.

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Big Little Lies – HBO – 2017

Quand la chaîne HBO diffuse une série, elle nous promet plusieurs choses. La première, c’est la qualité de la production. La deuxième, c’est la promesse d’une intrigue et d’une histoire rondement bien ficelée, avec un souffle ambitieux dans le propos. La troisième, c’est la qualité des performances à l’écran, et en bonus, si le cast peut se faire avec des noms ronflants, tant mieux. Big Little Lies réunit tout ces ingrédients.

Le lieu : Monterey, comté de la Californie, se trouvant sur la côte. Idyllique, paradisiaque, ce décor permet de donner de somptueux plans à l’image.

L’intrigue : Adaptée du roman éponyme de Liane Moriarty, Big Little Lies est un mi-thriller, mi-soap. L’intrigue suit trois femmes, Madeline, Celeste et Jane se trouvant chacune à la croisée de chemins. Jane (interprétée par Shailene Woodley), la nouvelle de la ville, porte en elle des secrets qu’elle souhaite enterrer pour de bon dans son passé. Celeste (jouée par Nicole Kidman) a tout pour elle. Brains & Beauty, un mari parfait et aimant et deux enfants à croquer. Mais un couple aussi parfait existe-t-il vraiment ? Enfin Madeline (interprétée par Reese Witherspoon) est une badass, refusant de se laisser marcher dessus. Cependant, son ex-mari revient en ville avec sa compagne prof de yoga. Et leur fille commune, Abigail, est en pleine crise d’adolescence, allant jusqu’à se rebeller et choisir son père. Ces trois femmes vont, malgré elles, se retrouver au milieu d’un meurtre.

Les talents : En plus du trio d’actrices principales, la série réunit à l’écran d’autres acteurs prestigieux comme Alexander Skarsgård, Laura Dern, Adam Scott ou encore Zoe Kravitz. Derrière l’écran, Jean-Marc Vallée réalise tous les épisodes et est également le créateur de la série. David E. Kelley est quant à lui le scénariste de la série.

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Big Little Lies – HBO – 2017

Jean Marc Vallée construit donc une série basée sur les faux semblants et les petits mensonges que tout le monde répand dans son entourage, totalement inoffensifs aux premiers abords, mais qui se révèlent dangereux sur le long terme, et peuvent avoir comme conséquence la mort de quelqu’un. En effet, la narration se fait sous forme de flashbacks, entrecoupés de scènes de meurtres et d’interview post crime. La direction et le montage est au diapason avec des séquences absolument somptueuses où l’on comprend subrepticement de quoi il retourne. Au fur et à mesure des épisodes, l’intrigue se dévoile petit à petit pour peindre ce qui s’est potentiellement passé. Est-ce que chaque petit mensonge peut se transformer en une mauvaise communication, et par conséquence un effet boule de neige de ressentiment et une escalade vers la haine ? C’est ce que Big Little Lies met en scène de façon admirable, car elle examine non pas la conséquence, mais essaie d’en analyser la cause. Au fond, ce qui importe à Kelley et Vallée, c’est de vouloir comprendre ce que veulent les femmes. De la vie, de leurs amies, de leur mariage, de leur famille ou encore de leur carrière.

Big Little Lies est un show est intéressant dans sa quête. On a là enfin une série qui met en valeur les femmes, avec leurs points de vue. Nous avons ici cinq femmes au premier plan et nous suivons leurs parcours, leurs histoires. La narration se fait par le prisme de ces protagonistes. Les nuances, leurs complexités, leurs pensées sont libres de s’exprimer. Leurs fragilités et sensibilités éclaboussent l’écran. C’est poignant, c’est passionnant, c’est poisseux et c’est par moment insoutenable, car Big Little Lies traite de l’expérience des femmes. On parle ici de l’expérience dans son spectre le plus large possible, c’est à dire du pire au meilleure. De l’expérience d’être mère, d’être une femme remariée, d’être victime de violence conjugale et malheureusement d’agression sexuelle.

Reese Witherspoon est absolument parfaite dans ce rôle de parent hélicoptère avec une énergie et une vista, qui s’insère dans la vie de ses enfants trop souvent. Entre d’autres mains, Madeline aurait été un personnage unidimensionnel, avec aucune empathie. Mais Witherspoon insuffle une telle profondeur dans sa performance, qu’ici elle brille littéralement. Nicole Kidman incarne elle aussi une mère au foyer malgré elle, qui en surface est la femme parfaite, mais elle cache une double facette, celle de victime de violences conjugales, et très bizarrement excitée par cette relation. La façon dont elle incarne cette contradiction et ce paradoxe, mêlé de terreur et de sensualité, je suis vraiment époustouflé et Kidman est absolument à la hauteur de sa réputation. Ces deux-là sont meilleures amies et lorsque Shailene Woodley débarque avec Ziggy son fils dans l’école de Monterey, elles la prennent sous leurs ailes. Woodley est plus en retrait par rapport aux autres, de par sa place dans le récit, mais aussi de part son secret.

Pour mesurer ô combien les rôles féminins sont d’une extrême justesse, il est aussi à noter que les rôles masculins ne sont pas en reste. On a ici un bon exemple de ce que cette série réussie si bien, c’est de pouvoir adopter un point de vue féminin fort qui ne soit pas totalement au détriment des hommes. En effet, Adam Scott, le mari de Madeline, est tout en retenue mais intense, avec un rôle parfaitement à l’opposé de ce que l’on connait de sa filmographie. Alexander Skarsgård donne une performance parfaite en personnage ignoble pour lequel on déteste avoir de l’empathie, malgré nous. Et Ian Armitage, interprétant le fils de Woodley, est une vrai révélation. Il incarne cet enfant innocent avec cette candeur mais aussi profonde blessure de ne pas avoir de père, avec grâce.

Ce que l’on peut reprocher à cette série, c’est d’avoir élevé l’aspect soap du récit, en rajoutant une couche de personnages secondaires, principalement dans les interrogatoires. C’est là où le commentaire devient trop présent, les dialogues sont peu crédibles, c’est mal interprété, ça enlève de la nuance et surtout ça se fait au détriment des performances absolument magistrales des acteurs principaux. Un autre aspect que l’on peut reprocher de cette adaptation littéraire, c’est d’être un show, finalement, sur les « rich white people ». Avec des problèmes spécifiques au final peu incluant pour le public.

Big Little Lies est pour moi à ne pas rater et fait honneur à l’étendard HBO. Tout le mystère autour du meurtre est au final secondaire et on suit avec intérêt ces femmes et les performances ici sont toutes dignes d’un Emmy.

9/10

Article rédigé par S.T. de Stephane Décrypte

Une réflexion sur “Big Little Lies : Série prestigieuse sur fond de mensonges et faux semblants

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