Séries/Tout commence avec un pilot

[Pilot] Notorious : Mauvaises manipulations

Nouvelle arrivante du bloc drama du jeudi d’ABC, c’est pleine de promesses de moments chocs et de twists inattendus que Notorious vient remplacer Scandal en tant que série centrale de la soirée. Mais en a-t-elle vraiment l’étoffe ?

Notorious - ABC - 2016

Notorious – ABC – 2016

Synopsis : Julia George, productrice ambitieuse à la tête du journal télévisé numéro un, profite de la notoriété des clients de Jake Gregorian, avocat charismatique, pour faire grimper l’audimat. Ensemble, ces as de la manipulation influencent l’opinion publique et contrôlent les gros titres du pays, à défaut de maîtriser leur attirance mutuelle.

Dites-moi que je n’étais pas le seul à l’attendre. Vraiment, dites-moi, vous aussi, vous autres sériephiles fascinés par l’univers de la télé, dites-moi que je n’étais pas le seul idiot à croire que Notorious pouvait être la nouvelle The Newsroom ou Studio 60 on the Sunset Strip ? Bon, sans Aaron Sorkin aux manettes, ça risquait de toute façon d’être compliqué. Remarquez, la promotion de la série et sa programmation entre Grey’s Anatomy et How to Get Away with Murder pouvaient au moins laisser présager une plongée soapesque divertissante dans les coulisses des médias américains. Mais là encore, sans la signature de la reine du genre, cette chère Queen Shonda, la Oprah Winfrey de la production télé, c’était mal barré. Je me voilais donc bien la face.

J’aurais vraiment voulu aimer Notorious, d’autant qu’elle avait pas mal de choses pour me plaire. Des thématiques riches et pleine de potentiel comme la célébrité, l’influence des médias, la justice américaine. Un joli casting mené par la charmante Piper Perabo (Covert Affairs) et le charismatique Daniel Sunjata (Graceland, Smash, Grey’s Anatomy). Le cadre d’une émission d’infos à l’Américaine, propice à une critique, à des décryptages intéressants de ce monde bouillonnant d’activité. Mais comme je fais souvent la comparaison, et c’est le Cyril Lignac en moi qui s’exprimera maintenant, les séries c’est un peu comme la cuisine : il ne suffit pas de réunir plein de bons ingrédients ensemble pour un plat réussi. Il faut les combiner avec discernement, utiliser les bons dosages, les préparer correctement… bref, sans bon cuisinier, on ne fait pas de miracle. Pour ça que je ne cuisine pas.

Difficile donc de ne pas rester sur sa faim devant Notorious tant elle manque de saveur (promis, j’arrête là la métaphore culinaire). Sa salvation vient de son rythme qui évite de trop s’ennuyer. En moins de 8 minutes le concept de la série est d’ailleurs posé. Julia George est une productrice télé badass qui collabore secrètement avec l’avocat Jake Gregorian pour se servir de ses clients et de leur notoriété et manipuler l’opinion publique. La série bénéficie aussi de l’énergie du tandem efficace que forment Perabo et Sunjata,  et qui ne manquent pas d’alchimie. Reste que dès qu’ils ne partagent pas une scène, la série s’avère assez plate malgré l’agitation ambiante. Le reste du casting devient assez vite irritant, entre la présentatrice, le PDG suspect, le stagiaire fils du boss, tous caricaturaux au possible dans leurs mimiques.

La série s’avère ainsi assez superficielle, tant dans ses intrigues que dans ses personnages. Il s’agit d’ailleurs avant tout de suivre un groupe de riches privilégiés qui s’amusent à se manipuler les uns les autres pour le seul but du spectacle télé plutôt que de réellement parler des rouages des émissions de news à scandales aux US. Des manipulateurs qui ne sont d’ailleurs pas si doués puisque Julia et Jake, présentés comme des as dans leur domaine, se font duper chacun de leur côté dès ce premier épisode. Très convaincant…

L’écriture est, de plus, tellement focalisée sur l’enchaînement de twists qu’elle en oublie de donner de la consistance à son univers et à ses personnages. La série ne se donne presque pas la peine de présenter la chaîne télé de Julia et le cabinet de Jake. Ce sont des contextes accessoires, des outils pour simplement fournir du divertissement. Par ailleurs, l’intrigue secondaire de l’affaire judiciaire traitée par le cabinet de Jake est tellement anecdotique et déconnectée de tout le reste qu’il apparaît flagrant qu’elle n’est là que pour le remplissage. La série est surtout creuse au final, juste remplie de rebondissements clinquants, mais en somme, tous prévisibles.

En bref, Notorious s’en sort principalement grâce à ses leads, qui arrivent à donner un minimum d’intérêt à leurs personnages, mais pêche par sa superficialité. Son univers apparaît factice et sans réelle identité et ses personnages sont globalement tous peu attachants. Cela fait, au mieux, un bon téléfilm de l’après-midi de TF1. Désolé Piper et Daniel, je vous aime bien… mais ce n’est toujours pas la bonne.

4/10

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