Séries/Tout commence avec un pilot

[Pilot] Into the Badlands : Voyage dans un bad-land

Après The Walking Dead et ses hordes de zombies dans une ambiance post-apocalyptique, AMC nous propose une nouvelle série de genre. Cette fois à base d’arts martiaux, très librement issue d’un conte chinois de Wu Cheng’en, dont un des titres français est « La Pérégrination vers l’Ouest » (fin XVIe siècle). AMC et marché américain oblige, l’adaptation est tournée en anglais, et le casting joue sur la mixité. Car si le héros est asiatique, le reste de la distribution, même si majoritairement caucasien, tente de rassembler toutes les couleurs à l’écran, dans des rôles plus ou moins secondaires. Si je n’ai pas lu le conte original, on se doute que les personnages décrits y étaient uniquement chinois. Ce changement drastique a-t-il un impact sur la série ?

Into the Badlands

Synopsis : Après des guerres dévastatrices, les territoires qui les ont subis se sont développés autour d’entités (les barons, au nombre de sept), qui prônaient l’ordre au milieu du chaos. Le peuple a recherché leur protection, qu’ils ont transformé en servitude. Interdisant les armes et construisant des armés ultra entraînées appelées Clippers, les barons règnent désormais en maîtres absolus sur leurs terres, rebaptisées Badlands. Le héros, Sunny, est un clipper. Lors d’une mission, il rencontre M.K., un garçon qu’il va se faire un devoir de protéger.

Autant le dire tout de suite, et ce même sans avoir lu l’écrit ayant inspiré cette nouvelle oeuvre audiovisuelle, nous sommes dans une production américaine à tous les points de vues, et seuls les arts martiaux et les origines de son protagoniste (Daniel Wu) rappelle le berceau de naissance du conte. Tout le reste – le cast, la manière de filmer, la façon de jouer, le scénario (de ce pilote évidemment) – sonne américain. Le problème, c’est que ce n’est pas dans le sens noble du terme.

En effet, la série semble emprunter à de nombreux films ou séries, et laisse donc une grande impression de déjà vu sur tous les terrains. Même si forcément, chaque série a ses influences, et va reprendre des thèmes déjà utilisés et traités, le problème d’Into the Badlands est de ne pas réussir à développer dans ce premier épisode sa propre identité. Ainsi, le héros nous fait penser à Neo dans Matrix, le contexte post-apocalyptique a un mélange entre Revolution et Hunger Games. Des « références » auxquelles il vaut clairement mieux échapper, avec un soupçon de Game of Thrones pour l’histoire des différents barons et du mystère du monde derrière le mur, la frontière entre les Badlands et l’inconnu.

Notre héros est au service d’un baron, mais n’a pas le droit de fonder une famille. Problème, la femme qu’il voit porte son enfant. A peine abordée, on suivra le développement de cette histoire avec la suite des épisodes. Tout est fait ainsi, à chaque énoncé son opposé évident – la maîtresse du baron est en relation amoureuse avec le fils de ce dernier, la femme du baron accepte seulement par apparence le fait que ce dernier ait plusieurs femmes, le baron qui veut faire du héros, et non son fils, son héritier, … A cela, on ajoute un peu de mystère autour du héros, quand une baronne à la fin lui dit « You think you kill for Quinn out of loyalty but I know that’s not the real reason. » (Tu penses tuer pour Quinn (le baron de Sunny) par loyauté mais je sais que ce n’est pas la vraie raison). Cela, pour le convaincre de lui amener l’enfant qu’il a sauvé en début d’épisode. Ce dernier a aussi sa part de mystère de par les pouvoirs spéciaux qui s’activent lorsqu’il voit du sang.

Côté combat justement, ils sont globalement bien chorégraphiés même si on se demandera toujours pourquoi les dix ennemis de Sunny se mettent en cercle avant d’attaquer le héros un par un, plutôt que d’y aller gaiement tous ensemble d’un coup. Même s’ils sont bien chorégraphiés, ils n’ont pas l’esthétique des productions asiatiques. Ils tiennent cependant leurs rôles en tant qu’attraction principale de la série.

Si l’idée d’une série à base d’arts martiaux était bonne, son exécution l’est beaucoup moins. Se référer à un conte chinois aurait du permettre de capter le bon esprit, mais les libertés prises sont telles, qu’on se demande ce qu’il en reste sans même l’avoir lu. Les personnages n’ont aucune personnalité, frôlant souvent la caricature si ce n’est plus, et l’histoire développée sur ce premier épisode peine sérieusement à convaincre. Cette dernière emprunte beaucoup sans arriver à construire sa propre identité, ce qui donne l’impression d’avoir déjà vu cette série un grand nombre de fois, que ce soit dans des films ou d’autres productions télévisées.

3/10

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