Séries/Tout commence avec un pilot

[Pilot] Minority Report : L’originalité oubliée…

Minority Report, la série, amorce un pari ambitieux : proposer une suite au film éponyme, en se basant sur la vie des precogs après la fin de la cellule Précrime. Essai transformé?

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Minority Report – Fox – 2015

Attention cet article contient des spoilers.

Synopsis : 2065, 11 ans que l’unité Précrime a été démantelée à Washington, D.C.. Depuis les prisonniers inculpés par ce biais ont été libérés et la police a repris son travail d’investigation avec les moyens ultra-modernes de l’époque. Les précogs, eux, ont été envoyés sur une île, et leur identité gardée secrète, à l’exception du scientifique qui les supervisait. Dans ce monde, Dash, l’un d’entre eux, ne peut se résoudre à laisser les crimes qu’il perçoit toujours se produire. Il va alors faire équipe avec l’inspectrice Lara Vega pour tenter de stopper l’attaque visant le futur maire de la ville et sa famille.

La transposition d’un film en série permet d’asseoir la promotion de cette dernière sur un nom déjà connu du grand public. Mais en contrepartie, cela crée une attente chez le spectateur, puisque ce dernier connaît déjà l’univers qui va être mis en place. Une attente qui peut devenir un risque quand le film en question est de grande qualité, comme c’est le cas ici avec Minority Report. Le film, écrit par Scott Frank et Jon Cohen d’après la nouvelle de Philip K. Dick; a été réalisé par Steven Spielberg en 2002. La série prend le parti de se passer 11 ans après ces évènements, et se base sur la vie des precogs, sortis de leur confinement. Une manière de se distancer du long métrage, puisque quasiment aucun des personnages du film ne sera repris dans la série, à l’exception des trois precogs et du scientifique qui les supervisait.

L’introduction, bien faite, met en place une atmosphère très dramatique, racontant la vie des precogs jusqu’à aujourd’hui, avec tout ce que leur implication dans la cellule précrime leur a demandé en sacrifice. Cette dernière terminée, c’est une banale énième série policière qui se déroule devant nos yeux. Absolument rien d’original, excepté l’imagination des scénaristes concernant le monde en 2065 : les objets high-tech, les métros, la possibilité d’avoir un enfant à 60 ans, … Mais ces idées sont, la plupart du temps, énoncées de manière peu naturelle, comme hors contexte, avec la phrase bien faite pour montrer que c’est vraiment différent d’aujourd’hui.

Notre héros, Dash (Stark Sands), est un précog qui fonctionnait en binôme avec son jumeau, Arthur (Nick Zano). Lui ne voit que des bribes d’infos, parfois très peu de temps avant que l’évènement se déroule, quand Arthur apportait les noms et détails. Au début, Dash essaye en vain de contrer un crime en devenir, et passe notamment la sécurité du métro avec un problème d’identification remarqué, mais pour lequel les autorités ne font rien. On note à ce moment la pub sonore intrusive dans le métro qui se sert des vitres comme écran de diffusion. Là, un ballet assez magique se met en place quand on voit les métros se déplacer. Exception du fait qu’on se dit qu’il faut faire très attention au wagon qu’on prend sur le quai, le visuel est vraiment sympa à regarder.

A ce moment, on fait connaissance avec la police et l’héroïne de la série. Et là, quand on voit le style autant vestimentaire des personnages que le maquillage d’Akeela (Li Jun Li), on a l’impression que 2065 a été imaginé dans les années 80. S’ensuit un concentré de clichés et stéréotypes jusqu’à la fin de la série. Que ce soit dans la manière dont Lara Vega (Meagan Good) reconstitue le meurtre dans l’hôtel, où on se dit qu’autant les même scènes avec Will Graham dans Hannibal sont des chefs-d’oeuvre, autant ici ce n’est pas réussi. Mais aussi dans la rencontre entre les deux personnages principaux ou la structure de la police dans laquelle le chef de l’inspectrice s’est fait promouvoir sur une affaire qu’elle a en fait résolue et qui devrait lui servir de contre-héros par la suite. Les arrestations en deviennent presque risible ; dans la première alors qu’elle débarque avec une horde de policiers ultra équipés, Lara Vega est en imperméable façon Matrix et lance la petite phrase ironique qui va bien – ou pas. La seconde est un moment télévisuel à elle seule, puisqu’elle cumule à peu près tous les clichés qu’il est possible d’imaginer sur une telle scène.

On n’a pas parlé du jeu magnifique de Meagan Good quand elle reconnaît Dash sur une vidéo avant de dire « Non je ne l’ai pas reconnu » à son chef. Ce dernier parti, elle retrouve la vidéo et part retrouver le precog. On a aussi le scientifique délaissé, qui a fait du bricolage en robe de chambre chez lui. Et ce n’est pas exhaustif…

Seul moment sympa au milieu de cela, un joli clin d’oeil aux Simpson, à travers la bande-annonce de la saison… 75! En revanche, carton rouge lors de la présentation de Peter Van Eyck et de son parcours, puisqu’il est décrit comme ayant fait parti des Washington Red Clouds. Or, le nom historique et actuel de l’équipe de football américain de la capitale, est les Redskins. Les producteurs (Fox et/ou Paramount et/ou Amblin) ont tout simplement choisi de céder à la pression de certains bien-pensants qui estiment que Redskins est offensant pour les Amérindiens et qui font pression sur le propriétaire de la franchise, Dan Snyder, pour qu’il change le nom.

Et pour conclure, lors des trois dernières minutes, on assiste à la mise en place d’un pseudo fil rouge qu’on devrait voir traiter une fois tous les 10 épisodes. Même si l’audience de lundi ne laisse pas présager un futur très lointain pour la série. Un destin que les precogs n’ont pas su prédire. Ou peut être a-t-il été archivé dans un Minority Report…

La série Minority Report, devrait rester dans l’anonymat. D’abord parce qu’elle n’arrive pas à la cheville du film qu’elle est censée poursuivre qualitativement parlant. Ensuite par son pitch, d’une banalité à tout épreuve. Sans parler du film, elle n’apporte rien au genre de la série. De plus, les audiences du pilote ont montré que les Américains ont rejeté en masse cet épisode, ce qui laisse une grande chance à une annulation précoce. Seuls les fans de NCIS, Les Experts, Mentalist, et autre séries policières à épisodes indépendants pourront y trouver leur compte.

2/10

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