[Notre avis] Un meurtre (presque) parfait (TF1) : Claire Keim dans une comédie policière à la Agatha Christie

Ce lundi 3 novembre, TF1 propose une nouvelle comédie policière ; Un meurtre (presque) parfait. Porté par Claire Keim et Clémence Lassalas, qui forment un duo de choc à l’écran, cet unitaire peut-il devenir une future collection à succès de TF1 ?

Synopsis : La spécialité de Laure Mondo, on pourrait même dire sa passion, c’est le crime. Ou plutôt le crime parfait. Ce qui lui a permis de devenir une romancière célèbre dans le monde entier, la digne héritière d’Agatha Christie. La quarantaine chic et couture, juchée sur des talons vertigineux, Laure a une intelligence acérée et une vision assez noire de l’âme humaine. Elle cultive son mystère et un humour assassin. Tout le contraire de son assistante. Avec ses cheveux en pagaille, ses tee-shirts de très mauvais goût, son rire sonore, et sa tendresse pour l’univers tout entier, Pica rame pour satisfaire sa fantasque patronne. Mais elle l’admire inconditionnellement.

Ce duo mal assorti, mais tellement complémentaire, va être confronté à sa première enquête. Yves Cayatte, patron d’un groupe de luxe international, est retrouvé mort dans la piscine de sa somptueuse villa corse. La police conclut à un accident. Mais ce n’est pas l’avis de Laure Mondo. Yves était un monstre et tous les membres de sa famille souhaitaient sa mort. Reniflant la matière de son prochain roman, Laure se met au travail, maladroitement aidée par la turbulente Pica.

À couteaux tirés rencontre (presque) Arabesque

Avec l’arrêt récent de HPI après cinq saisons, TF1 est certainement plus que jamais à la recherche de sa prochaine comédie policière à succès. Ce ne sera visiblement pas Enquête en famille, puisque la série avec Clémentine Célarié et Bernard Le Coq a eu du mal à passionner le public ces dernières semaines, affichant des scores assez faibles sur cible. Mais TF1 ne manque pas de nouvelles fictions policières dans ses cartons, et la prochaine, intitulée Un meurtre (presque) parfait, arrive à l’antenne ce lundi 3 novembre et réunit sur le papier tous les ingrédients d’un cocktail réussi. À commencer par un hommage appuyé à Agatha Christie.

Dès les premières minutes de cet unitaire, ou pilote, qui se déclinera en série en cas d’audiences satisfaisantes, on comprend que la production et la chaîne ont à cœur de surfer sur le succès jamais démenti des œuvres de la Reine du Crime, qui continuent d’être adaptées à longueur d’année au cinéma et à la télévision. La luxueuse villa qui sert de décor à Un meurtre (presque) parfait et les différents membres de cette famille qui ont tous une bonne raison d’avoir voulu la mort du patriarche font évidemment penser (toutes proportions gardées) à la saga À couteaux tirés de Rian Johnson, qui rend déjà elle-même hommage à Agatha Christie et au genre du whodunit façon Cluedo. Quant à Laure Mondo, l’héroïne écrivaine de polars incarnée par Claire Keim, difficile de ne pas voir dans ce personnage un gros clin d’œil à Jessica Fletcher, l’enquêtrice amatrice d’Arabesque imaginée comme une sorte de cousine lointaine de Miss Marple.

Loin d’être honteuses, ces références ne sont pas très étonnantes quand on sait que la nouvelle fiction de TF1 est produite par Escazal, à qui l’on doit Les Petits meurtres d’Agatha Christie, et créée par Eliane Montane, qui a notamment œuvré en tant que scénariste sur cette même série, mais aussi sur Lupin et Dix pour cent.

Un duo qui fait des étincelles

Si l’on ne peut pas vraiment louer Un meurtre (presque) parfait pour son originalité, la vraie force de ce pilote réside incontestablement dans son duo d’héroïnes mal assorti. Et dans la prestation de ses deux actrices principales, qui prennent un plaisir non dissimulé à donner vie à Laure Mondo et à son assistante Pica.

Plutôt habituée aux rôles dramatiques, Claire Keim (Zodiaque, Infidèle, Vise le cœur) semble énormément s’amuser dans la peau de cette autrice de polars à succès qui teste dans la vie ses futures intrigues et qui, par sa connaissance du genre, a toujours un coup d’avance sur la police et sur le coupable qu’elle cherche à démasquer. Après la série Les Edelweiss, Claire Keim prouve ainsi à nouveau que la comédie est un genre qui lui va comme un gant et dans lequel on aimerait la voir plus souvent.

Face à elle, Clémence Lassalas, révélée par Demain nous appartient, fait une fois de plus des étincelles, avec une partition très éloignée de Charlie, la petite peste repentie qu’elle interprétait dans le feuilleton quotidien de TF1. Ici, elle prête ses traits à Pica, une jeune femme fantasque, solaire, gaffeuse et sans filtre qui se retrouve propulsée un peu par hasard assistante d’une écrivaine qu’elle admire et découvre, par la même occasion, un univers dans lequel elle détonne quelque peu. Mais au sein duquel elle va se révéler un précieux atout pour sa nouvelle patronne et pour l’enquête qu’elles vont mener ensemble. Un rôle haut en couleurs dans lequel Clémence Lassalas se révèle parfaite et fait preuve d’un joli timing comique.

Une recette efficace mais déjà vue

Passé le plaisir de voir ces deux héroïnes que tout oppose mener l’enquête à leur manière pour découvrir qui a assassiné Yves Cayatte, Un meurtre (presque) parfait manque toutefois quelque peu d’originalité et de mordant pour réellement se démarquer dans une offre de fictions policières françaises déjà très fournie.

Pourtant, le reste du casting ne démérite pas et l’on retrouve avec plaisir Marie-Anne Chazel, Lionnel Astier, Stanley Weber, Nicolas Briançon, Esteban ou encore Charlotte des Georges, remarquée il y a quelques années dans On va s’aimer un peu, beaucoup sur France 2. Mais cela ne suffit pas à faire oublier une recette un peu trop vue et revue sur TF1, avec notamment une enquête dans un décor paradisiaque, une famille où chacun cache quelque chose, ou encore ce duo père-fille composé d’un flic et d’une amatrice de polars qui s’immisce dans l’enquête de son père qui fait quelque peu penser au postulat de départ d’Enquête en famille, même si les rôles sont ici inversés.

De plus, si Un meurtre (presque) parfait venait à devenir une série, ou une collection, on pourrait questionner l’utilité d’une telle fiction dans la grille des programmes de TF1, quand on sait que la chaîne propose déjà Monsieur Parizot, qui repose sur les mêmes codes et s’inscrit dans le même genre du whodunit façon Agatha Christie.

Mais malgré ces réserves, on ne passe pas un mauvais moment devant cette première enquête de Laure et Pica, et il ne fait nul doute que ce pilote devrait satisfaire de nombreux téléspectateurs amateurs de comédies policières.

Article rédigé par Jérémie Dunand.

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