[Interview vidéo] Anaon vu par Guillaume Labbé et Capucine Malarre

Après avoir débuté sur Prime Vidéo, Anaon est dorénavant disponible également sur france.tv. Cette série audacieuse était présentée en avant-première au Festival Séries Mania 2025. On y a découvert une série fantastique, dont la thématique principale est le deuil, assumée dès le premier épisode et jusqu’au bout. Portée par Guillaume Labbé et Capucine Malarre, le duo père / fille nous parle de l’influence Stranger Things et de ce qui leur a plu dans ce projet. Ils évoquent avec nous les nombreux défis relevés sur le tournage et comment ils ont travaillé ensemble pour créer leur relation à l’écran.

Synopsis : Un mois après la mort de sa femme, Max, major de la gendarmerie de Harz, est chargé d’enquêter sur la disparition mystérieuse d’une adolescente. Sa fille, Wendie, tente de reprendre le cours normal de sa vie de lycéenne, mais une série d’événements étranges vont la pousser, elle et ses amis, à vouloir eux aussi faire la lumière sur ce qui se passe.

La curiosité est à son comble alors que France 2 s’apprête à diffuser Anaon, la série événement déjà disponible sur Prime Video. Portée par un Guillaume Labbé impérial, cette fiction s’aventure sur les terres brumeuses du thriller policier teinté de légendes bretonnes. Mais cette incursion dans l’invisible est-elle à la hauteur de ses ambitions ?

Un scénario entre polar noir et légendes bretonnes

L’intrigue de Anaon nous plonge au cœur de la Bretagne profonde, là où les rochers et la mer semblent garder des secrets séculaires. Le récit suit un enquêteur (Guillaume Labbé) confronté à des disparitions inquiétantes qui semblent défier toute logique rationnelle. Le terme « Anaon », qui désigne dans la mythologie bretonne les âmes des défunts en attente de passage, n’est pas choisi au hasard.

La force de la série réside dans sa capacité à ancrer le surnaturel dans une réalité sociale et géographique tangible. Ce n’est pas seulement une enquête sur le crime, c’est une exploration de la mémoire collective d’un territoire. Le rythme, volontairement lancinant, permet d’installer une atmosphère pesante, presque suffocante, qui rappelle les meilleures productions du « Nordic Noir ».

La performance habitée de Guillaume Labbé

Après s’être illustré dans des registres plus légers ou des drames contemporains, Guillaume Labbé confirme ici l’étendue de son talent. Il incarne un personnage torturé, dont la rationalité est mise à rude épreuve par les événements. Son jeu, tout en retenue, apporte la crédibilité nécessaire à un sujet qui aurait pu basculer dans le cliché.

À ses côtés, la distribution est impeccable, servant une galerie de personnages secondaires qui enrichissent le lore de la série. La mise en scène, soignée, sublime les paysages bretons pour en faire un personnage à part entière. La photographie joue habilement avec les contrastes de gris et de vert, renforçant ce sentiment d’étrangeté constante.

Pourquoi Anaon est une réussite du genre ?

Si la série emprunte certains codes classiques du thriller, elle se distingue par sa thématique originale. En intégrant le folklore breton sans tomber dans le folklore de carte postale, Anaon propose une réflexion intéressante sur le deuil et l’invisible. La frontière entre la folie humaine et l’intervention du mystique reste floue, tenant le spectateur en haleine jusqu’au dénouement.

En conclusion, Anaon est une excellente surprise pour la fiction française. Entre une réalisation léchée et une intrigue captivante, elle s’impose comme un rendez-vous incontournable pour les amateurs de frissons et d’enquêtes complexes. France 2 tient ici une pépite qui devrait susciter de vifs débats sur les réseaux sociaux lors de sa diffusion.

Anaon est une série de 6×52′, créée par Bastien Dartois, réalisée par David Hourrègue (Skam France, Rivages, Germinal…) et produite par Tetra Media Fiction.

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