[Notre avis] Babygirl : Une audace visuelle et émotionnelle qui manque de profondeur

Nicole Kidman est l’héroïne du film Babygirl, qui sort en salle ce mercredi 15 janvier, un drame sulfureux qui ne laisse pas indifférent.

Synopsis : Romy, PDG d’une grande entreprise, a tout pour être heureuse : un mari aimant, deux filles épanouies et une carrière réussie. Mais un jour, elle rencontre un jeune stagiaire dans la société qu’elle dirige à New York. Elle entame avec lui une liaison torride, quitte à tout risquer pour réaliser ses fantasmes les plus enfouis…

Dans Babygirl, la réalisatrice Halina Reijn s’attaque à un sujet délicat avec une esthétique soignée et une distribution prestigieuse, menée par une Nicole Kidman fascinante. Ce drame sulfureux, à mi-chemin entre la provocation et l’introspection, s’impose comme une expérience cinématographique aussi séduisante qu’inégale.

Dès les premières scènes, Babygirl captive par son atmosphère sensuelle et troublante. Nicole Kidman, dans l’un de ses rôles les plus audacieux à ce jour, incarne Romy, une femme prise dans un tourbillon d’émotions et de désirs interdits. Son jeu, à la fois fragile et intense, traduit une maîtrise rare : chaque regard, chaque inflexion de sa voix trahit une profondeur psychologique qui aurait pu être mieux exploitée par un scénario à la hauteur de sa performance. Harris Dickinson n’est pas en reste. Le duo formé avec Nicole Kidman est envoutant et terriblement « malaisant ». Je pense que c’était principalement l’effet escompté par la réalisatrice.

Mais Babygirl échoue à véritablement captiver : derrière son audace formelle et ses scènes sulfureuses, le film manque d’enjeux véritablement palpitants. L’intrigue, bien que prometteuse dans son concept, s’essouffle rapidement, incapable de maintenir une tension dramatique qui tiendrait le spectateur en haleine. Les dilemmes moraux et émotionnels, esquissés avec brio dans les premiers actes, s’éparpillent dans une seconde moitié qui peine à trouver son rythme.

Visuellement, Babygirl est un plaisir : Halina Reijn joue avec les contrastes de lumière et des cadrages suggestifs qui reflètent les thèmes du film. Mais ce vernis esthétisant ne suffit pas à masquer une histoire qui, malgré ses ambitions, reste trop convenue pour marquer durablement les esprits.

En conclusion, Babygirl séduit par ses performances magistrales et sa direction artistique léchée, mais peine à trouver une âme véritable au cœur de son récit. Si Nicole Kidman prouve une fois de plus qu’elle est l’une des actrices les plus captivantes de sa génération, le film lui-même reste une promesse non tenue : un plaisir coupable qui aurait pu être bien plus.

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