Avant-premières/Films

[Critique] Adieu les cons : Une comédie tragique fine et poétique

Après son adaptation de Au revoir là-haut, chef d’œuvre multi-césarisé, Albert Dupontel revient en plein couvre-feu, dû à la crise sanitaire, avec une création originale comme il sait si bien les faire : Adieu les cons, la vision poétique d’une société contemporaine déshumanisée et cynique.

© Jérôme Prébois – Adieu les cons – ADCB Films – 2020

Synospis : Lorsque Suze Trappet apprend à 43 ans qu’elle est sérieusement malade, elle décide de partir à la recherche de l’enfant qu’elle a été forcée d’abandonner quand elle avait 15 ans. Sa quête administrative va lui faire croiser JB, quinquagénaire en plein burn out, et M. Blin, archiviste aveugle d’un enthousiasme impressionnant. À eux trois, ils se lancent dans une quête aussi spectaculaire qu’improbable.

Et en effet improbable, ce long métrage l’est tout autant que la plupart des films écrit par Albert Dupontel. On retrouve ici la folie du Créateur ou encore le dynamisme de Bernie et l’absurdité de 9 mois ferme. On ressent évidemment toujours autant ses influences anglo-saxonnes. Le film est d’ailleurs dédié à Terry Jones et offre un clin d’œil à Terry Gilliam. Les fans de la première heure du réalisateur apprécieront le survoltage de la narration ainsi que l’humour noir et fin des situations. Ils sauront également savourer la vision de cette vie contemporaine dans laquelle l’argent et la jeunesse sont au cœur des préoccupations et où plus personne ne se parle, absorbé par leurs écrans. 

C’est à ça que l’on reconnait un bon Dupontel, à la poésie délivrée par le contraste entre ses personnages en marge de la société et cette dernière, cyniquement tragique. La force du film est évidemment l’univers imaginaire de ce visionnaire qui nous offre des décors faisant penser à ceux de Jean-Pierre Jeunet, servit par une mise en scène incroyablement maîtrisée, dans lesquels évoluent des personnages complexes, loufoques mais éclairés tous plus touchants et attachants les uns que les autres. Que ce soit Virginie Efira qui dans sa folie expose une multitude de facettes toutes plus réalistes les unes que les autres, ou Nicolas Marié exceptionnellement drôle et convaincant en aveugle rebelle. Le casting est époustouflant et très juste dans les émotions.

Le génie visionnaire fait encore une fois mouche avec Adieu les Cons, même si l’on peut ressentir un peu la pression du box office, probablement à cause du carton de son précédent film. Albert Dupontel semble retenir un peu ses coups et essayer de plaire au plus grand nombre. Mais on ne lui en tiendra pas rigueur ce long métrage reste un pur plaisir et c’est ce dont on a besoin en ce moment.

7/10


Date de sortie : 21 octobre 2020
Réalisation : Albert Dupontel
Acteurs : Virginie Efira,  Albert Dupontel Nicolas Marié
Genre : Comédie
Nationalité : Français
Distributeur : Gaumont

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