Avant-premières/Films

Le Crime de l’Orient-Express : Une leçon d’esthétisme par Branagh plus qu’un hommage à Poirot

Kenneth Branagh nous propose un remake du fameux Crime de l’Orient-express. Un pari risqué, mais est-ce une réussite ?

Le Crime de l’Orient Express – 20th Century Fox – 2017

Synopsis : Le luxe et le calme d’un voyage en Orient Express est soudainement bouleversé par un meurtre. Les 13 passagers sont tous suspects et le fameux détective Hercule Poirot se lance dans une course contre la montre pour identifier l’assassin, avant qu’il ne frappe à nouveau.

Le mois dernier a eu lieu à Paris la projection presse du Crime de l’Orient-Express, au Royal-Monceau, en présence du réalisateur/producteur/acteur Kenneth Branagh. Les citations de l’artiste entre guillemets sont extraites de la conférence de presse qui a suivi la projection du film.

La charge était lourde pour Kenneth Branagh avec cette nouvelle adaptation de l’uns des plus célèbres romans d’Agatha Christie, dans l’uns des trains les plus célèbres du monde. Lourde parce qu’évidemment on pense à la première adaptation des années 70, celle avec laquelle on a grandi, avec des protagonistes aussi légendaires que le fameux wagon : Albert Finney, Lauren Bacall, Sean Connery, Ingrid Bergman… (« Il me fallait pouvoir faire un clin d’œil à ce casting de légendes, avec des légendes actuelles »). Et sur ce point, c’est un succès, le train du glamour : Kenneth Branagh, Daisy Ridley, Johnny Depp, Michelle Pfeiffer, Judi Dench. Mais ce n’est pas le réalisateur qui sera le plus ému de diriger ces légendes mais bien son casting, dont certains redoutaient de donner la réplique à leurs pairs ( « Je me souviens que durant la première lecture, j’ai vu Michelle Pfeiffer pleurer car elle venait de rencontrer Judi Dench« ).

Lourde parce que Kenneth Branagh en plus d’être auteur de l’adaptation pour l’écran est également le rôle titre, producteur, réalisateur est aussi l’uns des compositeurs de la bande originale du film. Une bande-originale très maîtrisée, très belle et onirique. La chanson du générique de fin est d’ailleurs avec surprise chantée par Michelle Pfeiffer en personne, avec une voix délicieuse et envoûtante, avec une chanson écrite entièrement par Branagh ( « Michelle hésitait beaucoup à enregistrer ce titre car elle pense ne pas savoir chanter. Il me fallait de toutes façons un acteur qui interprète ces paroles.  Et le résultat est incroyable » ).

Lourde parce que Kenneth Branagh, c’est plutôt un producteur indépendant, peu habitué aux grosses machines hollywoodiennes ( « J’ai du faire 4 ou 5 gros films de studios, comme on les appelle, pas plus. La responsabilité est très importante, avant, pendant et après le film « ). Et lorsque l’on sait que celui là sortira en même temps que Star Wars, on a peur avec le réalisateur d’un effet zéro sur la com, et donc la possibilité, si échec il y a, de ne pas continuer la franchise.  ( « J’ai effectivement des idées pour la suite, pour d’autres Poirot. Mais pour cela il faut que le public vienne voir celui là. Vous savez faire un film c’est long, un an avant, un an pendant, et un an après, il faut donc pouvoir motiver toute la machine derrière »).

Avec un budget phénoménal, pour un film quasiment huis-clos, on se demandait donc comment Kenneth Branagh allait réussir à disperser l’argent ailleurs que dans le cachet des acteurs. Il trouve la parade durant l’année de préparation, alors qu’il mettait en scène Hamlet au théâtre londonien. (« Je préparais le film et une pièce en même temps, je les ai donc abordés avec un même angle. Il y a du Hamlet dans mon film »). Ainsi, on découvrira en ouverture de film dix minutes d’introduction à grand moyen en Egypte (plans en grues, figurants par centaines, débauches de caméras) pour ensuite aller dans un confinement assez érotique, notamment avec le personnage de Michelle Pfeiffer, qui est de loin la plus éblouissantes des étoiles du film.

Lourde tâche également car il faut divertir ceux qui connaissent déjà la fin, et ceux qui ignorent tout de la résolution de l’énigme. Car c’est bien  là le ventre du film : l’intrigue policière. Là encore, le montage surprend. ( « Je voulais m’éloigner au plus possible du premier film en ce qui concerne le dénouement. J’ai souvent changé mon montage, échanger l’ordre de certains flashbacks »).  On s’y perd un peu dans cette intrigue, car Branagh préfère survoler (sans forcément y plonger), dans la psychologie des personnages, tous unis par une douleur, une soif de revanche sur la vie.

Un film à voir au cinéma pour la beauté des plans larges, la sensation de huis clos et de confinement, la musique sublime, et le défilé glamour des actrices et acteurs. Mais il est vrai qu’on aurait aussi aimé un peu plus d’originalité ou d’audace.

7/10

Article rédigé par Kevin Elarbi


Date de sortie : 13 décembre 2017
Réalisation : Kenneth Branagh
Acteurs : Daisy Ridley, Johnny Depp, Michelle Pfeiffer, Judi Dench, Josh Gad
Nationalité : US
Distributeur : 20th Century Fox

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s