Avant-premières/Films

The Last Girl : Celle qui a tous les dons

Âmes sensibles, allergiques à l’hémoglobine devront s’abstenir de regarder The Last Girl. Sorte de reprise condensée d’un scénario de The Walking Dead. Entre une course à la survie et un massacre en règle de l’espèce humaine, ce film ne laisse jamais retomber sa tension et vous laissera quelque temps dans un état de choc émotionnel.

the-girl-with-all-the-gifts-gemma-arterton-1

The Last Girl – La Belle Compagny – 2017

 SynopsisInterdit aux moins de 12 ans

Au fin fond de la campagne anglaise, une base militaire héberge et retient prisonniers un groupe d’enfants peu ordinaires qui, malgré le fait d’avoir été infectés par un agent pathogène « zombie » qui a décimé la planète, demeurent capables de penser et de ressentir des émotions. Lorsque la base est attaquée, Melanie, qui semble être la plus surdouée d’entre eux, réussit à s’échapper en compagnie de son professeur, de deux soldats et d’une biologiste qui ne voit en elle qu’un cobaye indispensable à la découverte d’un vaccin. Dans une Angleterre dévastée, Melanie doit découvrir qui elle est vraiment et décider ainsi de son propre sort comme celui de l’humanité tout entière.

On se moque très souvent de la mise en garde imposée aux films d’horreur tel que « déconseillé aux moins de 10 ans » ou « Interdit aux moins de 12 ans ». Pour cette fois pourtant l’interdiction rattachée à ce film semble tout à fait légitime. Non pas qu’un surplus d’hémoglobine et de tueries soit quelque chose que l’on doive à tout prix cacher aux plus jeunes. Chose qui serait d’ailleurs impossible si l’on considère aujourd’hui le contenu des réseaux sociaux, à la portée des plus jeunes. Non ce film possède surtout quelque chose de dérangeant en ce qu’il reprend à la manière du film d’horreur classique Le village des damnés (Wolf Rilla, 1960) le concept terrifiant d’enfants meurtriers. Ce n’est pas ici un phénomène extraterrestre mais une sorte d’épidémie qui se propage et transforme les humains en zombies assoiffés de sang et de chair. Le contraste entre l’apparence juvénile et les actions obscènes de ces chérubins est selon nous le point culminant d’horreur du film.

Les univers paranormaux,  lugubres et trashs semblent être le dada du réalisateur britannique Colm McCarthy, déjà aux commandes d’épisodes de séries tel que Doctor Who et Ripper Street. Il choisit pour cette toute première grosse production de suivre le goût ambiant pour des films post-apocalyptiques aux couleurs dé-saturées tel que La Route. Entre nature à l’abandon et villes fantômes transformées en sanctuaire pour morts vivants, Londres et ses alentours deviennent le cadre d’une odyssée étrange d’un groupe de survivants. Ce groupe réunit un casting trois étoiles : la radieuse Gemma Arterton, entouré de Glenn Close en médecin un peu barrée et Paddy Considine en figure patriarcale. Mais ce qui fait l’originalité est sans aucun doute la meneuse et cerveau du groupe qui n’est autre que l’héroïne, interprétée par une extraordinaire jeune actrice à l’avenir très prometteur : Senia Nanua. Son jeu à la fois ambigu et tout en nuance est bluffant du début à la fin. 

Ce film est intéressant en ce qu’il cristallise aussi une problématique propre à chacun : qu’est-ce qu’être humain ou faire preuve d’humanité ? On revient au source du désir maternel et à la métonymie de l’accouchement ou de l’éclosion semble en perpétuel développement entre un récit de mise à bas horrifique et des coquilles qui menacent à tout moment d’exploser. On en vient à reprendre ce fameux adage d’Aristote, « La nature a horreur du vide » qui serait la morale du film. Dans une humanité en extinction, la nature trouvera toujours un moyen d’évoluer et de s’adapter pour survivre qu’elle soit de nature humaine ou d’une espèce encore inconnue mais en éclosion.

The Last Girl a déjà bien fait parler de lui notamment dans les festivals et grâce à ses récompenses : prix du public et prix de la meilleur musique de film au Festival Fantastic’Arts. Une musique en effet très envoûtante et qui ne fait qu’augmenter cette tension permanente du film. On ne pourra donc que vous recommander de le voir, de préférence accompagné.

 8/10


Sortie en France : 28 juin 2017
Réalisateur : Colm McCarthy
Casting : Senia Nanua, Gemma Arterton, Glenn Close, Paddy Considine
Genre : Horreur, thriller, drame
Nationalité : Britannique
Distributeur : La Belle Compagnie

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s