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[Séries Mania S8] American Gods : Quand le grandiloquent rencontre l’intime

American Gods, en tête d’affiche de Séries Mania et en avant première en France, s’offre une belle vitrine. Mais est-ce que cette fenêtre donne un bon aperçu quant à ce qu’est cet ovni télévisuel ?

AMERICANGODS

American Gods – Character art

Synopsis: Shadow Moon, apprenant la mort de sa femme et relâché plus tôt de prison, rencontre sur le chemin du retour un vieil escroc, Mr. Wednesday. Ce dernier l’embauche, par des circonstances plus fortes que sa volonté, comme garde du corps, et l’entraîne dans un long périple à travers les Etats-Unis. L’ex-détenu découvrira alors bien tardivement qu’il se retrouve en plein milieu d’une guerre entre divinités modernes et ancestrales.

Bryan Fuller met carrément les pieds dans le plat avec la série American Gods, diffusée sur Starz (US) et Amazon (France). Peut-être trop. Cependant, on ne peux pas lui reprocher d’être généreux dans son effort. Cette série tant attendue arrive enfin sur nos écrans ce printemps 2017, et on ne peut pas dire que la hype soit petite. Avec d’énormes moyens à sa disposition, notre cher auteur/showrunner, créateur de Pushing Daisies et de Hannibal, nous sert une série ambitieuse. Aidé par un réalisateur avec une carrière singulière, David Slade (Hard Candy, 30 days of Night, Breaking Bad, Hannibal, etc…) et un co-scénariste, devenu expert en série, Michael Green, à la vision de ce pilote, je ne peux m’empêcher d’être très enthousiaste, avec une petite réserve. Car oui, le spectateur profane ne va pas forcément être happé de suite. Demander aux spectateurs d’être patients est devenu un exercice à haut risque, surtout pour une série qui promet monts et merveilles.

Mené par un casting gargantuesque, comprenant entre autre Ricky Whittle (Shadow Moon), Ian McShane (Mr. Wednesday) ou encore Emily Browning (Laura Moon) et Cripsin Glover (Mr. World), American Gods raconte la guerre que se mène les dieux anciens et les dieux nouveaux.

American Gods est une adaptation du roman surréaliste du britannique Neil Gaiman, romancier adepte du genre fantastique. Mes souvenirs quand à ce roman sont diffus, car il traitait beaucoup de l’intime, des mythes et du parcours des anciens dieux, ainsi que de l’Amérique moderne.

Ce qui interpelle dans ce pilote, c’est qu’il retranscrit finalement bien la tonalité du roman, à savoir un road trip dans des contrées reculées des Etats-Unis. Peut-être trop fidèlement, car au final, heureusement que le synopsis est là pour nous guider, car très peu d’éléments nous raccrochent les wagons quand à la possibilité d’une guerre sans merci. Visuellement, on est servis. A la fois hyper stylisé et enfiévré, la palette graphique est délicieuse. L’introduction, un mix de la série Vikings et Spartacus, est au choix une virtuosité graphique ou une croûte graphique grotesque (je penche pour le premier choix).

Le thème central, celui d’un combat acharné entre les différents dieux (je vous laisse découvrir qui est qui, car dans ce pilote, rien n’est dit), est un beau prétexte pour se poser les questions autour de la foi, de l’humanité, de la destiné et aussi particulièrement de la place des Etats-Unis et de son histoire/construction. En effet, lorsque les colons successifs se sont exportés aux US, ils ont amenés avec eux leurs dieux, qu’ils soient Nordiques, Chrétiens, ou Africains entre autres. Mais au fur et à mesure du temps, les hommes se sont détournés d’eux et ont affaiblis considérablement ces êtres qui ne sont plus que l’ombre d’eux mêmes. Ils sont devenus des escrocs, des maquereaux, des poivrot, bref des gens peu recommandables. Cette question d’immigration, et surtout de ce qu’elle devient ne peux pas être moins opportun de nos jours, surtout aux Etats-Unis.

Dire que American Gods est ambitieux est un euphémisme. Ce qui tient le tout dans ce pilote, c’est la performance de Ricky Whittle (transfuge de la série The 100) et de Ian McShane. Le premier est tout en retenu, affichant un charme et une puissance mais aussi une profondeur de caractère, de ceux qui en ont bavé dans la vie. Il n’est ni naïf  ni obtus, ni complètement insensible à la venue dans son monde de cet inconnu, à la fois crus et sage, drôle et mystérieux. Ian McShane, quant à lui,  navigue avec aisance entre le sarcasme et la sagesse, ce qui fait qu’on est absolument scotché à chacune de ses apparitions.

American Gods est un pilote extrêmement intriguant et intéressant car il montre le potentiel dingue du roman d’origine. HBO était à l’origine du projet mais, après plusieurs tentatives, a finalement jeté l’éponge. Starz tient peut être son « Game Of Thrones », et je serai dans tout les cas au première loge, lorsqu’Amazon lancera la série dans notre chère pays.

8,5/10

Découvrez notre interview vidéo de Ricky Whittle, le héros de American Gods

Une réflexion sur “[Séries Mania S8] American Gods : Quand le grandiloquent rencontre l’intime

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