Avant-premières/Films

Le Teckel : un film qui a du chien !

Allez voir Teckel, le dernier film de Todd Solondz qui a remporté plusieurs prix au festival de Deauville, avec Julie Delpy et Danny DeVito. On vous dit pourquoi il ne faut surtout pas le manquer !

teckel 2

Le teckel – ARP selection – 2016

Synopsis : Le portrait d’un teckel et de tous ceux auxquels il apporte un bref instant de bonheur au cours de son voyage.

Le Teckel, chien saucisse ou Wiener dog est un petit chien à l’air innocent, qui se dandine sur ses quatre petites pattes. Sans raison particulière, ce même chien ou un autre (la question reste en suspend) passe de propriétaires à propriétaires. On commence par un long plan fixe sur une cage où ce chien se fait enfermer, son regard pénètre celui de la caméra et le spectateur ressent très vite de la compassion pour ce regard à l’air désespéré.

Pourtant même s’il en a le titre, Teckel n’est pas un film sur un chien mais bien davantage sur les hommes sensés s’en occuper. Dans cette comédie du désespoir, Todd Solondz ne veut pas provoquer, du moins pas volontairement, mais bien pousser le spectateur dans ses retranchements. Étant déjà réputé pour ses films à sujets subversifs (Dark Horse, Life during wartime), Solondz a su se faire des ennemis au sein de l’industrie et du public cinéphile. Pourtant ses films et celui-ci en est la preuve restent des œuvres riches d’un point de vue formel et scénaristique.

Le Teckel est formé de quatre chapitres dans lesquels on passe de façon très brutale, l’artifice est donc de mise dès le début et s’assume. Le premier chapitre nous propulse dans l’intérieur aseptisé d’une demeure américaine de banlieue bourgeoise, un père (Tracy Letts) offre à son fils (Keaton Nigel Cooke) un teckel. La mère interprétée par Julie Delpy ressemble étrangement à Madame Arpel de même que son mari à Monsieur Arpel et le fils est le portrait craché de ce petit garçon désespéré de trouver un moyen de s’amuser dans cette maison mortifère. Mais le lien de parenté à Mon Oncle de Jacques Tati ne s’arrête pas aux personnages. Le vocabulaire cru, les effets comiques, et le travail sur le son sont des éléments indispensables pour créer tout au long du film cette ambiance presque théâtrale et étrange. Tati était un maître de l’art de cette mise en scène de l’absurde, d’un quotidien enfermé dans la technologie pour remettre en question de façon comique la société d’aujourd’hui. Peut-être donc inconsciemment ici, Solondz puise dans cette grammaire pour recréer une prison dans laquelle même un chien ne pourrait pas survivre. Les dialogues sont réjouissant et piquant, le casting, parfait avec pour clou du spectacle Danny DeVito en scénariste déchu et professeur de cinéma à NYU (peut-être mise en abîme de l’expérience du réalisateur lui-même.)

Ainsi, loin des comédies produites par les grands studios américains, Le Teckel pousse le spectateur à aller plus loin que le simple rire nerveux ou la bonne rigolade. Par la durée des plans, le spectateur est poussé à se demander pourquoi rit-il devant des situations embarrassantes ou qui pourraient lui arriver. Et peut-être est ce là la qualité du film, pousser le spectateur à ne pas juger au premier regard, à aller au delà et à s’habituer à l’étrange pour mieux le comprendre et l’accepter. Un film donc intelligent et frais à regarder sans préavis !

7/10


Sortie en France : 19 octobre 2016
Réalisateur : Todd Solondz
Casting :  Greta Gerwig, Zosia Mamet, Julie Delpy, Danny DeVito
Genre : Comédie dramatique
Nationalité : US
Distributeur : ARP Sélection

2 réflexions sur “Le Teckel : un film qui a du chien !

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