Séries/Tout commence avec un pilot

Baron noir : les Soprano du PS

À l’occasion du lancement de Baron noir, la nouvelle création originale de Canal+, Sur Nos Ecrans a pu voir les premiers épisodes de cette fiction politique. A voter ?

Baron noir - Canal+ - 2016

Baron noir – Canal+ – 2016

Synopsis : L’épopée politique et judiciaire de Philippe Rickwaert, député-maire du Nord, porté par une irrépressible soif de revanche sociale. Lors de l’entre-deux tours de l’élection présidentielle, il voit son avenir s’effondrer. Déterminé à se réinventer une carrière, Rickwaert va utiliser élections et temps forts politiques pour s’imposer pas à pas contre celui qui l’a trahi, en s’appuyant sur une nouvelle alliance avec la plus proche conseillère de son ennemi.

Après quatre ans de développement, la première série politique française se faisait attendre, Les Hommes de l’ombre traitant plutôt de la communication. Ce ne sera pas Marseille de Netflix attendue pour le 5 mai mais Baron noir de son concurrent Canal+ lancée dès ce lundi 8 février. La force de son pilot est son ancrage dans la réalité avec des personnages intéressants portés par un casting quatre étoiles.

Le personnage principal Philippe Rickwaert est un homme du peuple, maire de Dunkerque avec un passé trouble, il est prêt à tout pour réussir sans être dans le « over the top » d’un Frank Underwood (le réalisme n’étant pas l’intérêt principal dans House of Cards). Face à lui, Francis Laugier, candidat PS à la présidentielle et ami de Rickwaert, est plus calme mais pas moins dangereux car calculateur et imprévisible.

Pour incarner ces deux hommes, la production a fait appel au grand Niels Arestrup pour Laugier, et Kad Merad pour Rickwaert, à la surprise générale. Sortant de son habitude à jouer dans des comédies potaches, l’acteur dégage une énergie incroyable dans le rôle de ce militant qui se définit par son engagement politique. S’il n’est pas 100% convaincant dans le premier épisode, Kad Merad est totalement légitime par la suite. Il crève l’écran et incarne tellement bien ce personnage ambitieux qu’il pourrait nous faire avaler n’importe quoi. Que ça soit avec avec Niels Arestrup ou encore avec Anna Mouglalis (Amélie Dorendeu), ses duos sont incroyables et crédibles. De plus, les scénaristes ont réussi à éviter l’utilisation cliché du journaliste qui décroche les exclus comme dans House of Cards ou Borgen, cela a été vu à plusieurs reprises, il était temps de passer à autre chose. Cependant, la presse est présente dans Baron noir avec de vrais journalistes comme lors du débat politique en guise d’introduction.

La première séquence calme avant la tempête est le seul moment de répit que nous offre ce pilot, le rythme effréné s’enchaîne pendant une cinquantaine de minutes. J’étais tant captivé par l’histoire que je n’ai pas regardé la durée et l’heure, alors que les fictions politiques ont souvent du mal à capter mon attention. Eric Benzekri, l’un des scénariste et co-créateur avec Jean-Baptiste Delafon, connaît le milieu de la politique pour l’avoir côtoyé ce qui lui permet de retranscrire jusque dans des détails amusants l’atmosphère qui y règne. Mais la tonalité dominante n’est pas humoristique, loin de là puisque les références des créateurs sont Les Soprano et A la maison blanche.

Chaque épisode peut être pris plus ou moins à part car ils ont chacun une thématique particulière qui diffère dès l’épisode suivant. Attention, les fils rouges sont tout de même présents tout au long de la série, et les évènements marquants du premier épisode refont surface avant la fin de la saison. Baron noirttaquant nous permet surtout de découvrir les dessous d’un milieu où le pouvoir et l’ambition prennent le pas sur le reste et justifient des actes injustifiables. Une fiction qui rejoint la réalité sur bien des points. Tout d’abord, en nous plongeant honnêtement au coeur de la politique française, se concentrant sur le PS mais jamais en a les autres partis, mais également en parsemant de nombreuses références à des faits politiques ayant vraiment eu lieu.

Une belle entrée dans cet affrontement d’ego que vont se mener les deux personnages interprétés par d’excellents comédiens avec un Kad Merad remarquable en sortant de ses habitudes. Les promesses d’une bonne série sont présents, seront-elles satisfaites ? Réponse dès le 8 février pour la suite !

Il est possible de regarder la série gratuitement pendant un mois via MyCanal.

8,5/10

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