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[Bilan] Marvel’s Daredevil saison 1 : quand Marvel voit rouge

Après vous avoir proposé une critique des deux premiers épisodes hier ici, voici un bilan de toute la saison.

Daredevil - Marvel Television/ABC Studios - Netflix

Daredevil – Marvel Television/ABC Studios – Netflix

SynopsisAveugle depuis l’enfance, mais doté d’autres sens incroyablement développés, Matt Murdock combat l’injustice le jour, en tant qu’avocat, la nuit, en justicier urbain « Daredevil » dans les rues de Hell’s Kitchen à New York.

Marvel reproduit à la télévision son schéma du cinéma, présenter plusieurs justiciers (Daredevil, Jessica Jones, Luke Cage, Iron Fist) qui se regrouperont dans The DefendersMarvel’s Daredevil est bien plus qu’un prolongement du Marvel Cinematic Universe à la télévision comme peuvent l’être Agents of SHIELD et Agent Carter, cette nouvelle série propose un univers à part entière au sein du vaste univers de la Maison des Idées.

Attention spoilers

Une histoire captivante

Les deux premiers épisodes sont une longue introduction au personnage de Matt Murdock pour comprendre son histoire, qui il est, pourquoi il se déguise et sauve les gens dans la rue. Dès le troisième épisode, les flashbacks disparaissent pour revenir lors de deux épisodes plus tard dans la saison. Ils étaient le défaut du pilot plombant le rythme. À partir de l’arrivée de Wilson Fisk alias le Kingpin/Caïd, une intrigue passionnante se découvre nous entraînant dans une lute de pouvoirs pour le contrôle, ou le non-contrôle, de Hell’s Kitchen, le quartier de New York où vivent les personnages.

L’avantage du format de Netflix, c’est de ne pas avoir d’affaire de la semaine, mais une histoire feuilletonnante avec treize épisodes fascinants qui vont au bout des choses sans passer par quatre chemins afin de rallonger artificiellement l’intrigue pour atteindre les fameux vingt-deux épisodes des séries de network. C’est le problème auquel avait été confronté la première saison de Agents of SHIELD lancée beaucoup trop tôt et devait donc ralentir les intrigues jusqu’à la sortie de Captain America: The Winter Soldier. Les scénaristes prennent leur temps pour développer les personnages à l’image de l’épisode 8 qui nous montre l’enfance de Fisk et comment il est devenu cette brute colérique et effrayante. Un moment glacial et sombre comme on retrouve dans l’ensemble de la saison. Marvel’s Daredevil est une série ancrée dans la réalité, dans la réalité d’un quartier malfamé et corrompu où il y a du trafic de drogue et d’humain. un univers glauque bien représenté par le visuel du générique époustouflant. Le sang « fabriquant » la ville et autres éléments importants de la série comme la thématique religieuse qui entoure Matt.

Un casting parfait

Charlie Cox incarne avec brio les deux facettes du héros. Un Matt Murdock calme et un justicier agressif et troublé par une dualité qui s’exerce dans son esprit. Pas facile de tabasser les gens, encore plus quand il y a le poids de la religion catholique et tout un tas de culpabilités. C’est l’histoire de l’ascension d’un héros, de comment Matt en justicier masqué devient Daredevil, le protecteur de Hell’s Kitchen. Un périple et voyage initiatique fascinant à suivre. Une face calme, charmeur et une autre agressive, monstrueuse qualifie également son ennemi Wilson Fisk, brillamment incarné par Vincent D’Onofrio qui fait sensation dès sa première apparition dans l’épisode 4 (même s’il fait un cameo à la fin du 3).

L’autre avocat, associé et ami Foggy Nelson, interprété par Elden Henson, est vu comme l’atout comique de la série, petit à petit le personnage gagne en épaisseur et permet à l’acteur de montrer d’autres aspects du personnage. Il y a d’abord sa peine et son désir de vengeance après la mort de Ms Cardenas, le point culminant est l’épisode 10 lorsqu’il découvre le secret de Matt et la mésentente des deux comparses qui s’ensuit. Entre les deux, il y a leur secrétaire Karen Page jouée par Deborah Ann Woll, qui est un personnage qui n’existe pas vraiment à elle seule. Elle gravite autour d’autres personnages comme Foggy ou Ben Urich. Les références laissées par-ci, par-là indique qu’il s’est passé quelque chose dans son passé, ce qui sera sans aucun doute développer dans la saison 2. La série s’inspirant du run de Frank Miller, les lecteurs de comics ont une certaine idée et je vous promets que cette intrigue risque de devenir bien plus sombre.

Elle interagit souvent avec le journaliste Ben Urich (Vondie Curtis Hall) qui apparaît vers l’épisode 4, c’est un journaliste qui essaie de faire tomber Fisk avec l’aide de Karen et Nelson&Murdock. Personnage iconique, c’est un homme talentueux qui n’a pas froid aux yeux. Dans les comics, il connaît l’identité de Daredevil, une complicité à laquelle les scénaristes font de jolies clins d’oeil, mais cela n’arrivera pas à cause de sa mort surprenante ! Dans cette série, les morts le restent contrairement au reste du MCU, ce qui apporte une crédibilité supplémentaire. C’est bien du Marvel, mais définitivement pas ce qu’on a l’habitude de voir. Parmi les autres personnages, on peut citer Wesley, l’homme de main de Fisk, dont le calme est effrayant. Vanessa, la copine puis femme de Fisk qui reviendra se venger sans aucun doute. Et puis, il y a Stick dans l’épisode 7, l’ancien mentor de Matt qui lui a appris les arts martiaux et à maîtriser ses dons. De quoi introduire tout un pan de la mythologie du personnage avec The Hand, les ninjas, Elektra ? Vite la saison 2, même si cet épisode était assez lent, il venait surtout casser le rythme ! Petite déception pour Claire Temple, jouée par Rosario Dawson, qui apparaît quelques épisodes pour disparaître et revenir le temps d’une petite scène. C’est un personnage très secondaire qui donnait pourtant l’impression d’être importante, et d’avoir quelque chose à raconter. Peut-être pour la saison 2 qui sera sans aucun doute commandée.

Une esthétique maîtrisée

Certes, la réalisation n’est pas exceptionnelle, mais elle n’a rien de honteuse, bien au contraire. les chorégraphies des scènes de combats sont majestueuses. Elle ferait rougir de honte Oliver Queen ! Une attention particulière est apportée aux scènes avec un point de vue subjectif ou semi-subjectif de Matt Murdock. Quand il se concentre pour écouter une personne ou un espace précis, son sujet est nette et le reste est flou. Ce mécanisme est presque aussi vieux que le cinéma mais fonctionne parfaitement dans ces situations. Et l’autre effet que j’apprécie beaucoup est l’écrasement de l’espace entre Matt et l’autre personnage pour montrer la distance à laquelle il peut étendre son ouïe.

Jouissant de la liberté de ton et d’écriture fournie par Netflix, cette extension du MCU permet à Marvel de réussir son pari d’introduire un univers plus difficile, plus adulte que ses films et séries de network, avec des scènes d’actions extraordinaires, un casting parfait et une intrigue fascinante. Malgré tout, les premiers épisodes sont emprunts d’une certaine lenteur, notamment à cause des flashbacks, qui peuvent déplaire à certains. On passe tout de même un bon moment, et l’ensemble donne envie de continuer. Peut-on dire que la série est l’une des meilleures adaptations de comics tout médium confondu (ciné/TV) ? Je pense que oui. Même au-delà de cela, sans l’appartenance à l’univers Marvel, c’est une série qui tient la route de bout en bout.

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