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Spotless : Q&A avec l’équipe de la série

A l’occasion de la diffusion de Spotless sur Canal + à partir du 16 mars, nous avons pu assister à un Questions/réponses avec l’équipe de la série, qui s’est gentiment prêtée au jeu. Alors sont-ils tous clean?

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Spotless – Canal +

Lors de cette rencontre, nous avons pu discuter avec Dominique Jubin, Directrice adjointe de la fiction française de Canal +, Fabrice De La Patelliere, directeur de la fiction française et des co-production créations originales Canal +, Rola Bauer, présidente de Tandem Production, Ed McCardie, Co créateur et scénariste principal de Spotless, l’acteur Marc-André Grondin (l’interprète de Jean), l’acteur Denis Ménochet (l’interprète de Martin), l’acteur Brendan Coyle (l’interprète de Nelson Clay) et Pascal Chaumeil, le réalisateur.

– A l’équipe de production : Pourquoi avoir été séduit par tant de noirceur? qu’est ce qui rend cette série si spéciale?
Rola  : C’est moi qui ait trouvé la pépite à la base. J’utilise le mot audacieuse pour parler de la série, ça touche beaucoup de gens de base. On a glissé l’idée de pitch à Fabrice et Dominique, ils ont beaucoup aimé le concept, parce qu’il y a une voix, ce ton, puis on a fait des recherches.

– Comment avez vous partager cette aventure?
Dominique : La première idée est celle d’une famille qui travaille dans le nettoyage de scènes de crime. C’était quelque chose qui était intéressant mais absolument pas suffisant. Quand Ed McCardie s’est emparé de cette idée qui a dit qu’en réalité ça va être l’histoire de deux frères, d’une fratrie complètement dysfonctionnelle, et d’un frère qui vit en Angleterre et de l’autre qui vient le rejoindre, de quelque chose qu’il y a eu entre eux et de comment deux frères interagissent de manière générale. C’est là que l’idée a vraiment été trouvée. Ed, avec tout son talent, a pu mettre un regard singulier et un ton singulier dans l’écriture, et c’est à ce moment là que c’est devenu un projet intéressant pour nous.
Fabrice : A tout cela s’ajoute une envie que nous avions de travailler avec l’Angleterre, nous avons beaucoup d’admiration pour les séries britanniques. C’était très excitant pour nous.

– Pascal, autour de ClearSkye (l’entreprise de nettoyage) vous avez développé quelque chose de drôle, sombre et sexy, comment s’est imposé à vous l’esthétique de Spotless?
Pascal : C’est dès la lecture du scénario de Ed, c’est aussi le choix d’une ville comme Londres, où le passé/présent est mélangé, où l’architecture est mélangé, où les couleurs sont mélangées, où les populations sont mélangées. C’est un élément assez important qui nous a donné des idées. On a quelque chose de visuel, sonore très précis car on a une palette de personnages complexes dans un scénario complexe, et qui soutient le spectateur dans l’histoire.

– Les entreprises de nettoyage de scènes de crime existent vraiment en France, aviez vous des consultants sur le plateau? Comment vous êtes vous renseigné à ce sujet?
Marc-André : Je n’ai pas rencontré de gens qui faisaient ça malheureusement, mais j’ai googlé, j’ai chopé des reportages sur Youtube, j’ai lu là dessus, puis il y avait toute une partie du boulot que je pouvais imaginer, la partie un peu dégueu, les odeurs, les choses comme ça. Mais il y avait tout le côté émotionnel que je n’imaginais pas du tout, comment ces gens sont confrontés à la tristesse, souvent le deuil des familles, le pire c’est de retrouver des gens décédés depuis 3-4 mois et pendant tout ce temps personne ne les cherchait. Ces gens ont un bon estomac et beaucoup de cœur.
Denis : Je n’ai fait aucune recherche car mon personnage arrive après, du coup j’ai laissé Marc-André m’apprendre.
Brendan : J’imagine dans mon esprit ces personnes. Je comprends pourquoi des criminels veulent engager ces experts aussi méticuleux.

– Pourquoi dans la série des français parlent anglais tout le temps même entre eux?
Ed : ça a été un sujet de discussion pendant plusieurs mois.
Fabrice : Comme vous le savez les épisodes seront entièrement doublés en français mais seront également disponibles en version originale, mais totalement en anglais. On s’est longtemps posé la question d’une version qui pourrait être dans les deux langues. Mais d’une part, il y a une raison pratique qui est que ça alourdit la production et le temps de tournage et ensuite on s’est dit que c’était plus simple à l’oreille, on ne saute pas d’une langue à l’autre. De plus, l’histoire se passe à Londres, il y a plus de personnages anglais.
Marc-André : Ma vie n’est que langue et accent. (Il est québécois). Je viens d’une ville où l’on parle français avec un accent, je parle anglais tous les jours. Pour moi ça a du sens qu’il ne parle que en anglais, car Jean a quitté la France depuis longtemps et Londres est son nouveau chez lui, son frère le rejoint. Parler anglais fait passer le message que c’est la vie de Jean maintenant et pas celle de son frère et qu’il ne doit pas rester.
Denis : Le français ce n’est pas seulement une langue, c’est une façon de voir les choses. On peut être français de d’autres manières. On joue deux frères, quelle que soit la langue, c’est le fait d’être frères qui prime.

– Pour la production et les diffuseurs, est-ce que la série a déjà été achetée par des diffuseurs étrangers?
Rola : Comme Tandem fait parti du groupe Canal +, on a demandé à notre actionnaire principal, Studio Canal, si on pouvait produire pour Canal +. ça veut dire qu’il y a l’investissement du groupe Canal +, l’argent de d’autres pays…
Dominique : Il n’a pas de pré-achat pour le moment. Canal + est le diffuseur unique pour l’instant sur le projet, mais il y aura des ventes internationales.

– Quel est le coût pour une série comme ça?
Fabrice : La série a coûté autour de 23 millions d’euros

– Pascal, vous avez réalisé les deux premiers épisodes, vous avez donné le ton, est-ce que cette aventure vous a t-elle un peu bousculée?
Pascal  : C’est une aventure formidable. Je rêvais de tourner quelque chose dans un monde criminel, je n’avais jamais fait ça avant, d’avoir des personnages aussi complexes, aussi étranges. Ce n’était pas une grande surprise pour moi de travailler en Angleterre car avant j’avais déjà fait un film là-bas. J’ai eu pas mal de propositions pour travailler sur des séries à la télévision française mais je l’ai dit à Rola la première fois que je l’ai croisée, c’est la chose la plus excitante que j’ai lu.

– Est-ce que vous êtes déjà entrain de travailler sur la saison 2? Et pour Canal +, travailler avec des anglais qui ont l’habitude d’une fiction industrialisée, est-ce aussi espérer le retour de saisons de manière plus rapide?
Fabrice : Oui c’est une réflexion qu’on a. On voit que dans ce monde où la concurrence est de plus en plus importante, qu’il y a une offre inouï. La fidélité du spectateur est de plus en plus difficile à conserver, donc on a plutôt intérêt à revenir assez régulièrement. Nous on est très exigent donc on prend le temps de peaufiner, d’écrire une version supplémentaire… Néanmoins c’est impératif d’aller plus vite. C’est difficile au bout de 10 ans de changer le mode de production d’Engrenage. En revanche, les séries qu’on lance depuis ces derniers mois doivent prendre en compte ce facteur temps. Le cerveau de Ed est déjà en ébullition pour savoir ce que va être la saison 2.

 Retrouvez notre critique des deux premiers épisodes de la série.

Une réflexion sur “Spotless : Q&A avec l’équipe de la série

  1. Pingback: Spotless : Les experts en nettoyage de scènes de crime débarquent sur Canal+ | Sur nos écrans

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