Disney+ lance sa nouvelle fiction française, Surveillant, ce mercredi 16 septembre. La plateforme mise sur une série façon mockumentary. Une comédie assumée, dans le milieu carcérale, avec un casting quatre étoiles.

Synopsis : Corinne Maillard dirige la détention de Chénoise avec un idéalisme à toute épreuve. Entourée de Jeff, son bras droit procédurier, JP, surveillant qui se sent plus à l’aise avec les détenus qu’avec ses collègues, et Stéphanie, nouvelle recrue qu’elle prend sous son aile, elle jongle entre imprévus quotidiens et hiérarchie tatillonne. Convaincue que chaque détenu mérite une seconde chance, elle est la seule personne à penser que la prison peut rendre les hommes meilleurs.
Un terrain de jeu encore peu exploité
Après les hôpitaux, les écoles, les commissariats les séries aiment explorer les coulisses de nombreuses institutions. Mais il restait un angle mort : celui des surveillants en milieu carcérale. Surveillant s’engouffre dans cette brèche avec une idée aussi simple qu’efficace : nous faire découvrir le quotidien de ceux qui doivent faire respecter les règles, tout en étant eux-mêmes confrontés à des situations souvent complètement absurdes.
Et c’est précisément dans cet absurde que la série trouve sa principale force. Elle ne cherche jamais à donner une vision particulièrement réaliste ou dramatique du métier. Au contraire, elle assume son décalage jusqu’au bout des ongles, aussi bien dans les situations que dans la personnalité de ses personnages.
Une comédie qui fonctionne
La bonne surprise vient surtout de l’efficacité comique de l’ensemble. Surveillant est une belle réussite de comédie, avec des épisodes qui s’enchaînent facilement et donnent envie de poursuivre. Les situations sont suffisamment variées pour éviter l’impression de répétition, tandis que quelques cliffhangers bien placés permettent de maintenir l’intérêt d’un épisode à l’autre.
La série possède surtout un véritable sens du rythme. Les épisodes ne s’éternisent pas et vont rapidement à l’essentiel, avec cette capacité à faire monter une situation banale vers quelque chose de totalement improbable. Tout n’est toutefois pas parfaitement maîtrisé. Certaines blagues sont un peu trop appuyées et l’écriture manque parfois de finesse, notamment lorsqu’elle souligne lourdement certains traits de caractère ou cherche à provoquer le rire à tout prix.

L’absurde comme moteur
Ce qui fait le charme de Surveillant, c’est donc moins la crédibilité de son univers que sa capacité à jouer avec ses propres codes. Les personnages sont volontairement caricaturaux, les situations partent régulièrement dans des directions inattendues et la série semble parfaitement consciente de son côté décalé.
On est clairement dans une fiction qui n’a pas peur d’aller trop loin. Et cette absence de retenue constitue paradoxalement l’un de ses meilleurs atouts : il faut accepter les règles du jeu dès les premières minutes pour pleinement profiter de la suite.
Un dispositif documentaire qui manque d’explications
La principale réserve concerne justement la manière dont la série raconte son histoire. Surveillant adopte une forme de faux documentaire, avec une caméra qui observe les personnages et leur quotidien comme si elle captait leurs faits et gestes sur le vif.
L’idée peut être amusante et colle plutôt bien au ton de la série, mais elle manque malheureusement de contexte. On comprend assez vite le procédé, sans vraiment comprendre pourquoi ce dispositif documentaire existe dans l’univers de la fiction.
Ce choix finit donc par ressembler davantage à un procédé comique qu’à un véritable élément de narration. Ce n’est pas forcément gênant pour apprécier les épisodes, mais cela donne parfois à l’ensemble une impression d’artifice.
Un casting qui joue le jeu
Au casting on retrouve Audrey Lamy et Jean-Pascal Zadi. Ils sont entourés des talentueux Eva Huault et Benjamin Tranié. Des guests font également des apparitions dans la série, tels que Hakim Jemili, Gustave Kervern, Ramzy Bedia, François Damiens ou encore Louise Coldefy.
Les personnages sont parfois volontairement excessifs, mais le casting semble avoir compris qu’il fallait jouer l’absurde à fond pour que l’humour fonctionne. Une bonne partie du plaisir vient ainsi de cette galerie de personnalités improbables qui se prennent très au sérieux alors que les situations deviennent de plus en plus invraisemblables.
Une série imparfaite mais réjouissante
Avec Surveillant, Disney+ propose finalement une comédie légère, originale dans son point de vue et surtout très efficace lorsqu’elle assume pleinement son absurdité. Tout n’est pas toujours subtil mais les épisodes s’enchaînent avec fluidité et les cliffhangers donnent suffisamment envie de poursuivre.
La série ne révolutionne évidemment pas le genre, mais elle a le mérite de s’intéresser à un univers rarement traité sous cet angle et d’en tirer une comédie décomplexée. Une jolie réussite, imparfaite mais suffisamment drôle et rythmée pour qu’on ait envie de rester sous surveillance.
7/10
