[Notre Avis] Running Man (2025) – Le remake stylisé d’Edgar Wright avec Glenn Powell

L’annonce d’un remake du classique dystopique The Running Man a toujours été un sujet brûlant, mais la confirmation qu’Edgar Wright (réalisateur de Baby Driver et Shaun of the Dead) dirigerait Glenn Powell (Top Gun : Maverick, Anyone But You) dans le rôle principal a fait exploser les attentes. Ce nouveau Running Man s’inscrit dans la lignée des satires futuristes, promettant un mélange de commentaire social acerbe et d’action frénétique, signature du cinéaste britannique. Le résultat est un spectacle indéniablement divertissant et magnifiquement chorégraphié, bien que parfois prisonnier de ses propres références.

Synopsis : Dans un futur proche où la dette et le divertissement se confondent, Ben Richards (Glenn Powell), un homme innocent et désespéré, est forcé de participer à The Running Man, le jeu télévisé le plus regardé et le plus violent de l’histoire. Animée par le charismatique et impitoyable Killian, l’émission consiste à lâcher des « coureurs » dans les rues du Nouveau Los Angeles, pourchassés par des « Stalkers » professionnels, des gladiateurs de l’ère du streaming. L’objectif de Richards est simple : survivre et dénoncer la corruption du système qui l’a incriminé.

Une réussite divertissante, malgré un manque d’originalité

Edgar Wright utilise ce canevas classique pour explorer la culture de la téléréalité extrême et l’hyper-médiatisation de la violence, le tout enveloppé dans un style visuel nerveux et précis. Ce que Wright réussit avec brio, c’est l’exécution technique. Le film est une merveille de montage rythmé, avec des transitions ingénieuses et des gags visuels qui animent chaque scène de poursuite. Glenn Powell, dans le rôle de Ben Richards, apporte un mélange parfait de charme sarcastique et de détermination brute. Il incarne un héros moderne, plus cérébral que la version de 1987, mais tout aussi efficace dans les moments d’action. Le divertissement est total : les séquences d’action sont lisibles, le rythme ne faiblit jamais, et la bande-son explosive propulse l’ensemble.

Cependant, et c’est le principal bémol de cette critique, l’originalité fait défaut par rapport au catalogue habituel du réalisateur. Si Shaun of the Dead réinventait la comédie horrifique, et l’incroyable Scott Pilgrim repoussait les limites du montage vidéoludique, Running Man 2025 se contente d’appliquer le style « Edgar Wright » à une œuvre existante. Le film est excellent, mais il ne procure jamais cette sensation de surprise et de nouveauté que l’on attend d’une œuvre de Wright. Le film, bien que stylisé, reste une adaptation assez fidèle dans son déroulement, un trés bon film d’action optant pour la sécurité narrative plutôt que la subversion. C’est un Edgar Wright Lite, très bon, mais sans la folie iconoclaste de ses meilleures réalisations.

King vs. Schwarzenegger vs. Powell

Le remake se positionne habilement entre ses deux prédécesseurs. L’adaptation de 1987, portée par Arnold Schwarzenegger, était un film d’action culte des années 80, débordant d’humour noir et de body-building, transformant la critique sociale en un spectacle d’action pur et simple, sans trop de reflexion. Le film de Wright est moins campy, plus sombre, et tente de retrouver la noirceur du roman original de Stephen King (écrit sous le nom de Richard Bachman).

Le livre, publié en 1982, était une plongée glaçante dans une Amérique dystopique, mettant en scène un Ben Richards décharné, luttant désespérément contre un système oppressif. Le Richards de Powell se rapproche de cette vulnérabilité, mais la nature du game show de Wright reste plus proche de la version télévisuelle tape-à-l’œil de 1987 que de la traque impitoyable et primitive du roman.

En fin de compte, le Running Man d’Edgar Wright est un malin mélange entre l’intelligence du livre et de l’action du film de 1987. Il encre parfaitement le propos dans notre époque sans pour autant le dater. Running Man est un excellent film de science-fiction et un remake réussi qui modernise efficacement son propos sur la téléréalité. C’est un spectacle rythmé, élégant et porté par un Glenn Powell au sommet de sa forme. Il ravira les fans de dystopie et d’action stylisée. Si on l’attendait plus inventif compte tenu du talent du réalisateur, il reste un divertissement de premier ordre.

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