Avant-premières/Films

Ça le Film : Une adaptation brillante et générationnelle

La tâche était compliquée mais le résultat est là après plusieurs années d’incertitudes : l’adaptation tant attendue de Ça, sort en France le 20 septembre, presque 30 ans après la première adaptation ayant traumatisée toute une génération d’enfants et de pré-adolescents. Le résultat est-il à la hauteur ?

Ça – Warner Bros – 2017

Synopsis : Plusieurs disparitions d’enfants sont signalées dans la petite ville de Derry, dans le Maine. Au même moment, une bande d’adolescents doit affronter un clown maléfique et tueur, du nom de Pennywise, qui sévit depuis des siècles. Ils vont connaître leur plus grande terreur.

Stephen King a refusé bon nombre de scénarios depuis 1990 pour ce roman faisant parti des plus vendus et des plus acclamés par la critique, tous les fans se souviennent d’ailleurs du projet avorté il y a deux ans, sur un conflit artistique, laissant penser que l’adaptation serait mise aux oubliettes, avant que le maître littéraire du suspense ne se laisse convaincre par le scénario du film qui sort Mercredi 20 Septembre.

Deux types « d’audiences », comme le disent les américains, étaient à séduire : les fans de Stephen King qui ont connu l’oeuvre littéraire originale mais surtout son adaptation télévisée, multi rediffusée dans le monde entier dans les années 90, ayant laissé aux enfants et aux pré-adolescents  de cette génération une peur surdimensionnée des clowns, et une génération 2.0, beaucoup plus habituée aux codes YouTube et très difficile à impressionner. Il fallait donc reséduire les uns et convaincre les autres, et il faut bien avouer que sur ce point c’est une réussite.

Les novices découvrent un film complet, esthétique, bien construit, et singulier (ce dernier point étant particulièrement difficile à atteindre dans ce genre cinématographique, entre fantastique, horreur et thriller psychologique). Quant aux fans purs et durs, ils redécouvrent l’ambiance très particulière du roman et de la première adaptation (le monde de l’enfance et son imaginaire dans tout ce qu’elle peut avoir de plus noire, thème cher à l’auteur).

Le réalisateur du film a été particulièrement malin sur la représentation du clown, Tim Curry ayant laissé dans l’inconscient collectif un souvenir bien présent. C’est lui qui a rendu vie au clown démoniaque dans la première adaptation, et il est extrêmement difficile de l’oublier, même pour ceux qui n’ont pas vu le téléfilm de 1989, tant la représentation de l’acteur est restée dans l’inconscient collectif.

Le réalisateur décide ici de laisser l’imaginaire des angoisses des adolescents guider la peur du spectateur, et c’est réellement en troisième partie de film que le clown est représenté. A ce stade le spectateur est déjà transporté dans le monde cauchemardesque des enfants.

 Alors que l’adaptation originale était coupée en deux parties, la première autour des enfants, et la seconde autour de ces mêmes enfants devenus adultes et retournant confronter Ça, l’adaptation de 2017 ne se concentre que sur la première partie et l’enfance des protagonistes à Derry. On y découvre ainsi plus profondément la psychologie des personnages et le réalisateur peut surfer sur les codes des films de ‘bande d’enfants’  et sur les codes de la culture pop de 1989.

On y voit des références évidemment à E.T., on pense du coup forcément à Stranger Things (se situant dans la même décennie) et on notera des clins d’œil au genre, dissimulés dans le film (les cinémas affichent la première exploitation des Griffes de la Nuit et de Batman).

D’un point de vue technique, le montage est excellent, le film respire, les scènes prennent leur temps sans traîner en longueur, les profondeurs de champs sont extrêmement travaillées et correspondent quasi parfaitement aux descriptions du livre de King.

Si Xavier Dolan vient de tweeter que le film était ‘le film du siècle’, on peut comprendre son point de vue tant les sujets traités sont proches du cinéma qu’il affectionne : l’enfance, ses angoisses, ses rêves, le rapport à l’adulte, le harcèlement scolaire…

Sur ce dernier point, il est très intelligent d’évoquer le harcèlement scolaire en 1989, très proche de celui que vivent beaucoup d’adolescents mais sur Internet dorénavant, les parallèles sont à peine subjectifs.

Le film est un triomphe critique et publique, la tache sera donc rude pour le second chapitre : retrouver cet univers visuel entre culture pop des 80’s, peurs existentielles adolescentes, rapport à l’adulte, avec un second chapitre qui sera plus axé sur les personnages à 40 ans. A voir dans deux ans en espérant que le travail d’adaptation soit aussi bon que sur ce premier volet.

8/10

Article rédigé par Kevin Elarbi


Date de sortie : 20 septembre 2017
Réalisation : Andy Muschietti
Acteurs : Bill Skarsgard, Jaeden Lieberher, Finn Wolfhard
Genre : Thriller, épouvante
Nationalité : Américaine
Distributeur : Warner Bros

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