C’est un pari inédit dans le paysage audiovisuel français : TF1 et Netflix s’associent pour lancer Tout pour la lumière, un feuilleton musical quotidien de 90 épisodes qui entend séduire à la fois les fans de fiction populaire et les amateurs de comédies musicales. Entre émotion, compétition artistique et secrets de famille, cette nouvelle quotidienne veut faire rayonner la lumière… mais laisse transparaître quelques fausses notes.

Un nouveau feuilleton quotidien sur TF1 et Netflix
Proposée en exclusivité sur Netflix (et TF1+ premium) cinq jours avant sa diffusion télévisée sur TF1, cette co-production entre la première plateforme mondiale et la première chaîne de télévision française, entend rajeunir le genre du feuilleton quotidien. Nous avons pu voir en avant-première les cinq premiers épisodes de Tout pour la lumière. Sur le papier le projet est séduisant et ambitieux, vendu à la croisée de Un, dos, très et Glee. Et c’est vrai que dès la première scène on pense à la série Un, dos, tres : nouvelle génération, avec des jeunes qui improvisent une chanson devant l’école. Mais malheureusement le résultat peine à convaincre totalement.
Victoria Vargas (Joy Esther) est appelée d’urgence au chevet de sa mère Florence (Isabel Otero), directrice du Studio Lumière, un centre réputé de chant et de danse, basé à La Ciotat. Après avoir connu la gloire à 20 ans avec un tube, Victoria a choisi de tout quitter : sa famille, son passé et sa carrière de chanteuse, dans des conditions mystérieuses. De retour dans la ville où elle a grandi, accompagnée de son mari Max (Lannick Gautry) et de sa fille adolescente Baya (Louve Le Coadou), elle doit affronter des souvenirs douloureux. Mais des jeunes talents, prêts à tout donner pour réussir, vont la convaincre de rester. Entre secrets de famille et tensions toujours vives, Victoria va renouer avec ses racines et sa passion pour la musique. Au point de reprendre sa carrière ?
Une comédie musicale en manque de souffle
Le format quotidien et musical est inédit à la télévision française. Dès son pilot, Tout pour la lumière enchaîne les performances chantées dans un cadre scolaire qui rappelle Un, dos, tres ou Fame, mais sans jamais atteindre leur intensité dramatique ou émotionnelle. Les numéros musicaux ne suffisent pas à porter des intrigues qui manquent de profondeur et d’originalité. Le premier épisode, qui devait être assez fort pour lancer ce projet d’envergure, est décevant. On nous présente beaucoup de personnages, il est donc difficile de vraiment s’attacher à eux, et les dialogues manquent de punch. Sans parler du fait qu’il faut attendre l’épisode 3 pour comprendre le concept de cette école.
L’épisode 2 ne remonte pas le niveau, il faudra attendre l’épisode 3 et l’émergence de certaines arches secondaires pour que ça devienne plus intéressant en terme de narration. Globalement, l’intrigue principale ne captive pas suffisamment dans ces premiers épisodes, mais s’améliore petit à petit. On peut même dire que la fin de l’épisode 5 nous donne envie de voir la suite.
Si la production a recruté de bons chanteurs et danseurs pour le casting, malheureusement le jeu de certains n’aide vraiment pas à faire oublier les défauts de cette nouvelle quotidienne.
Un casting entre figures connues et visages issus de télé-crochets
Le casting mêle comédiens expérimentés (Joy Esther, Isabel Otero, Gilles Cohen) et jeunes talents issus de télécrochets comme The Voice. Mais l’alchimie ne prend pas toujours. Les performances des jeunes acteurs oscillent entre fraîcheur et amateurisme. Et c’est dommage car on espère voir naître de nouveaux talents qui pourraient avoir une grande carrière, mais on constate que la production a en priorité recruté des artistes de la chanson plutôt que des comédiens.
Joy Esther, censée porter le drame principal avec son personnage de Victoria, hérite d’un rôle écrit de façon trop mécanique pour qu’elle puisse véritablement briller. Quant aux autres protagonistes, ils peinent à exister au-delà de leurs archétypes.
Quelques visages sortent du lot, en particulier dans les jeunes talents comme Marie Fèvre, Charlie Loiselier ou encore Vike. On a hâte de découvrir leurs musiques originales et leurs intrigues à venir.
Une bande originale qui sauve l’ensemble
Heureusement, là où la série brille vraiment, c’est dans sa bande originale. Composée par Émilie Gassin, Ben Violet et Matthieu Gonet (bien connu des fans de la Star Academy), la musique, mêlant morceaux connus et titres originaux, offre un vrai souffle à la série. Que ce soit lors des répétitions, des scènes chantées ou des transitions musicales, les compositions sont inspirées, modernes et parfaitement calibrées pour l’univers.
Le générique du feuilleton reste en tête et certains morceaux pourraient connaître un véritable succès tant ils sont bien produits et portés par des voix talentueuses. Certains titres de Tout pour la lumière sont d’ailleurs déjà disponibles sur les plateformes de streaming.
Autant le pilot pêche au niveau du scénario, autant il fait le plein de musiques pop et entraînantes. En effet le budget musique est parti dans ce premier épisode, ce qui provoque un décalage avec la suite où sont recyclés les titres de Grégory Lemarchal ou Dua Lipa (même si on ne boude pas notre plaisir à les entendre à nouveau). Tout comme les chansons originales, on en découvre une ou deux dès cette première semaine de diffusion, et encore on les devine car ce n’est pas très clair dans la présentation, et d’ailleurs les extraits sont bien trop courts (surtout « T’es beau » de Solenn, interprétée par Marie Fèvre, qui pourrait être la prochaine pépite de tes playlists).

Tout pour la lumière ne réussit pas totalement son lancement, malgré de bonnes intentions et une bande son qu’on écoute déjà en boucle. Si le scénario parvient à gagner en intensité au fil des épisodes, la série aurait mérité un démarrage plus fort et intense. Ce n’est que le début, la quotidienne, comme le jeu des comédiens, peut encore se rattraper et nous offrir la série musicale française qu’on attend. Mais pour l’instant, elle reste en demi-teinte, séduisante sur le papier, mais maladroite à l’écran.
Tout pour la lumière, à retrouver dès maintenant sur Netflix et TF1+, puis en diffusion quotidienne sur TF1 à partir du 16 juin à 18h00.
5/10

[…] autant on est content de retrouver Benjamin Baroche et Flore Bonaventura (au casting de Tout pour la lumière) tout le long de la série, en revanche Samy Gharbi (Demain nous appartient) et Mikaël Mittelstadt […]
[…] autant on est content de retrouver Benjamin Baroche et Flore Bonaventura (au casting de Tout pour la lumière) tout le long de la série, en revanche Samy Gharbi (Demain nous appartient) et Mikaël Mittelstadt […]