[Notre avis] La Machine à Écrire et autres sources de tracas : Une forme de cinéma qui répare les vivants

Il y a un peu plus d’un an Nicolas Philibert recevait l’Ours d’Or à la Berlinale pour le premier volet de son triptyque documentaire en psychiatrie : Sur l’Adamant. Aujourd’hui sort sur nos écrans le dernier volet de cette trilogie consacrée aux soins apportés au Pôle Psychiatrique Paris-Centre.

La Machine à Écrire et autres sources de tracas – Les films du losange – 2024

Synopsis : Dernier volet du triptyque initié avec Sur l’Adamant et Averroès & Rosa Parks, La Machine à Écrire et autres sources de tracas est la dernière incursion de Nicolas Philibert en milieu psychiatrique. Le réalisateur met ici à l’honneur les patients et leurs soignants qui se transforment en bricoleurs quelques heures, le temps d’aider à domicile à gérer un problème domestique, mécanique ou technique…

Comme à travers les deux précédents opus de sa trilogie, avec La Machine à Écrire et autres sources de tracas, Nicolas Philibert s’intéresse à ceux que la société isole ou stigmatise. Il donne de la visibilité à ceux qui ne demandent qu’à être vus, à être considérés.

A travers une série de visites à domicile ayant pour but de réparer du matériel (machine à écrire, chaîne stéréo, imprimante…) il dresse le portrait bouleversant d’une poignée de patients du Pôle Psychiatrique de Paris-Centre.

Le réalisateur rentre dans l’intimité de ces hommes et de ces femmes, s’attardant sur les petites choses du quotidien qui, de fait, finissent par devenir l’extension presque physique des patients qui les utilisent. Il s’attache à montrer la qualité de soin apporté à travers ces visites inversées (ce n’est pas la patient qui se rend à l’hôpital pour un soin, c’est le soignant qui se rend à domicile pour une visite) et l’importance du lien qui unit les patients aux soignants-bricoleurs. Nicolas Philibert évite tous les écueils du genre, ne tombant jamais dans le racoleur, dans le misérabilisme, ne montrant jamais les patients sous un jour qui les désavantage. Il fabrique un vrai cinéma de la rencontre, qui laisse place à l’humain, qui apporte de la douceur et du réconfort. Et si en bricolant les objets c’était un peu l’humanité qu’on réparait ici ?

7/10

Article rédigé par Marion Pluss

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