Les disparus de la Forêt Noire, avec Hélène de Fougerolles, Grégory Fitoussi et Tchéky Karyo est la nouvelle mini-série de TF1 issue d’une ambitieuse coproduction franco-germano-belge. Tournée à Colmar, Strasbourg (notamment au centre EPID) ou encore sur le site du Donon, offrant une atmosphère authentique et souvent brumeuse qui renforce l’immersion dans ce cold case complexe. Les disparus de la Forêt Noire, est un polar sombre aussi captivant qu’ennuyant.

Synopsis : Près de la frontière franco-allemande, au cœur de la Forêt noire et de la base militaire binationale; 12 corps sont retrouvés dans un charnier. Toutes les victimes sont des hommes, aussi bien français qu’allemands. Cette macabre découverte va venir raviver des souvenirs que Camille Hartmann, une juge d’instruction hors pair, croyait enfouis. Très vite, une évidence se dessine : cette affaire est intimement liée à l’accident de voiture tragique qui a bouleversé la vie de Camille un an plus tôt. Cette nuit là, Camille a perdu la mémoire et a été mise sur la touche. Déterminée à connaitre la vérité et à faire la lumière sur son passé, elle revient en tant que témoin clé sur le terrain aux cotés d’Eric Maes, un inspecteur franco-allemand en charge de l’affaire. Ensemble, ils découvrent que ces meurtres, perpétrés depuis plus de 30 ans, ont un lien direct avec les événements qui ont lieu le soir de l’accident.
Un style Nordique entre tension et lenteur
Avec Les Disparus de la Forêt Noire, les scénaristes et la réalisation empruntent clairement les codes des polars nordiques. Les décors froids et l’ambiance glaciale, à la frontière franco-allemande, aident à planter l’univers de cette mini-série de seulement 4 épisodes. La série a d’ailleurs remporté le Grand Prix de la série 2022 au festival du polar de Cognac, preuve que l’originalité de sa forme a su convaincre le jury.
L’ambiance visuelle est complétée par une bande-son originale signée par l’ancien guitariste de Téléphone, Louis Bertignac, dont l’usage de guitares électriques contribue à l’atmosphère inquiétante de l’ensemble. Si la série a le mérite d’être originale par sa forme, ça change clairement de ce qu’on a l’habitude de voir dans le genre thriller sur TF1, elle a tout de même un gros problème de rythme.
À l’image des fictions scandinaves, l’intrigue est jugée trop lente alors que la série ne fait que quatre épisodes d’environ 50 minutes. En revanche, la mini-série cumule fausses pistes et faux-semblants, tout en faisant des révélations assez rapidement, mais sans non plus vraiment nous surprendre.
Les enjeux sociétaux au cœur de Les Disparus de la Forêt Noire
L’enquête autour des douze corps mène l’inspecteur Maes et la juge Hartmann sur la piste des « Walkyries », un nom qui était d’ailleurs le titre de travail original de la série, et dont l’existence est intrinsèquement liée aux motivations derrière les crimes. Ce virage scénaristique s’écarte du polar pur pour embrasser des enjeux sociologiques puissants.
Les Disparus de la Forêt Noire trouve un prétexte pour parler des violences faites aux femmes et de féminisme, mais cette partie est malheureusement ratée dans l’ensemble. Il est cependant indéniable que la série a cherché à mettre en lumière des thématiques graves telles que les violences conjugales, le viol et la misogynie institutionnelle. Le dernier épisode, particulièrement, conclut sur un message puissant affiché à l’écran, rappelant les statistiques sur les violences faites aux femmes en France. Ce militantisme sociétal, bien que parfois perçu comme opportuniste ou mal amené par certains critiques, souligne l’engagement profond de la fiction pour aborder la figure des victimes et de l’injustice.
On reconnaît la qualité d’interprétation de son quatuor de tête, emmenée par Hélène de Fougerolles, remarquable dans le rôle de la juge Camille Hartmann, avec à ses côtés Grégory Fitoussi, Tchéky Karyo et Astrid Whettnall. L’acteur Thierry Godard apporte également une densité notable à la distribution dans un rôle secondaire clé.
Il aura fallu attendre les 15 dernières minutes pour vraiment être surpris et happé par Les disparus de la Forêt Noire. Quel dommage car il y avait un véritable potentiel en plus des superbes décors et du casting impeccable. La fin laisse une ouverture à une éventuelle suite qui pourrait mener la saison 2 vers tout autre chose. Affaire à suivre.
4/10

[…] Mélanie PAGE (L’École de la vie, Les Disparus de la Forêt-Noire) […]