Avant-premières/Films

Belgica : Une bromance électrique !

Après un détour par les Etats Unis et sa country life avec Alabama Monroe, Félix van Groeningen revient sur sa terre d’origine pour son cinquième film. Il ne se départit pourtant pas de son style unique pour nous raconter à nouveau une fresque familiale poignante.

belgica

Belgica – 2016 – Pyramide Distribution

Synopsis : Jo et Frank sont frères, et comme souvent dans les familles, ces deux-là sont très différents. Jo, célibataire et passionné de musique, vient d’ouvrir son propre bar à Gand, le Belgica. Frank, père de famille à la vie bien rangée et sans surprise, propose à Jo de le rejoindre pour l’aider à faire tourner son bar. Sous l’impulsion de ce duo de choc, le Belgica devient en quelques semaines the place to be

Attention spoilers !

Ce film pourrait quasiment être vu comme une néo-fresque d’un self made man americano-européen. L’expression pourrait presque paraître paradoxale et pourtant l’histoire de ce film la justifie. Ce film est l’histoire d’un bar certes mais avant tout celle d’un jeune homme, Jo, accro de la fête et de la drogue qui a pourtant une idée bien précise derrière la tête, créer la boîte de nuit la plus branché et open de Gand, en Belgique.

Ainsi comme une véritable odyssée, un parcours de vie, comme le réalisateur les aime, on voit le film se scinder naturellement en plusieurs chapitres. La première partie est cette étape un peu enfantine où le jeune plein d’espoir et de grandes ambitions se lance dans la création du bar de ses rêves où tous les meilleurs groupes de musiques originaux viendraient, le tout venant serait admis, pas de contrôle au faciès ou aux tenues vestimentaires, la boisson à volonté pour un personnel plus qu’amicale. Bref une boîte branchée où l’on peut passer des moments inoubliables. Mais après quelques mises en perspectives d’une ambiance parfaite, le jeune rêveur se heurte rapidement à la réalité entre les problèmes financiers, les pétages de plomb en pleine piste de danse de quelques piliers de bar et l’absence de sécurité, Jo se rend compte qu’il va devoir prendre des mesures drastiques, quitte à renier quelques principes.

La deuxième partie commence alors, plus sombre et plus froide, le bar devient un endroit sobre, une sécurité arrive, les boissons y sont plus chères et on se détache peu à peu de cette ambiance de débauche joyeuse pour arriver dans un excès pour l’excès, un décors high-standing et des clients de « qualités » finissent par être les seuls à passer les portes. Mais c’est pourtant sur une note joyeuse que le réalisateur veut nous faire partir, après des tentatives, des erreurs, des prises de risques, le personnage de Jo n’en est que plus sage. On le voit petit à petit retourner à ses valeurs originelles. Sa quête prend fin lorsqu’il arrive enfin à trouver un équilibre à son bar : branché et familial.

Le tour de force du réalisateur est sans nul doute le mélange de deux personnages diamétralement opposés. Jo et Frank ont beau être frères, ils ne se ressemblent en rien. Droit et honnête, Jo est une personne fiable. Frank est cet être un peu perdu, à la fois parasite et initiateur d’idées originales mais parfois un peu trop folles et illégales. Il est un peu comme ce boulet que l’on doit traîner sur le chemin, à la fois encombrant et nécessaire. Jo aura donc du mal tout au long de son parcours à rejeter ce frère qu’il aime tant et qui a su le protéger étant enfant. Les acteurs jouent en toute honnêteté ces personnages, Stef Aerts, déjà récompensé pour sa performance dans Oxygène (2010) de Hans Van Nuffel, il est ici aussi poignant et impeccable. Son acolyte, Tom Vermeir, plus connu pour des rôles de séries télévisées le soutient avec une piquante énergie qui en fait un duo dynamique.

Pour ce film, Felix van Groeningen recolabore avec le très jeune chef opérateur belge Ruben Impens (Alabama Monroe, Oxygène) qui apporte non sans surprise une certaine vitalité avec le travail sur la saturation des images. Pour la musique qui ne peut-être que de qualité dans un film promouvant les concerts originaux, le réalisateur a choisi de prendre la musique du groupe Soulwax, encore une histoire de famille puisque les deux DJ, David et Stephen Dewaele, sont amis depuis l’enfance avec le cinéaste. Cette production est donc une sorte de grande histoire de famille, pleine de rebondissements, à la fois crue et délurée. Les spectateurs les moins adeptes de fêtes et d’ambiance de boîte de nuit pourront certes trouver le temps un peu long mais la qualité du jeu d’acteurs, de la musique et de l’image rattrape le tout et nous fait sortir de la séance satisfait.

7/10


Sortie en France : 2 mars 2016
Réalisateur : Felix van Groeningen
Acteurs : Tom Vermeir, Stefs Aerts, Hélène Devos
Genre : Comédie dramatique
Nationalité : Belge, Français
Distributeur : Pyramide Distribution

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