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[Critique + Interview] Possessions (Canal+) – Reda Kateb « C’est une série féministe, je suis content d’en être »

Canal+ lance ce lundi 2 novembre, sa nouvelle création originale, Possessions, un thriller franco-israélien qui va vous faire perdre la tête. On a rencontré une partie de l’équipe de la série, Valérie Zenatti (scénariste), Nadia Tereszkiewicz (Nathalie) et Reda Kateb (Karim) qui nous parlent de leur travail sur Possessions.

Possessions – Haut et court TV – 2020

Synopsis : Natalie, jeune française expatriée en Israël, est accusée d’avoir assassiné son mari le soir de ses noces. Karim, un diplomate français chargé d’apporter sur place son aide à des ressortissants en difficulté, tombe peu à peu sous le charme de Natalie. Il ne parvient pas à savoir si la jeune femme est profondément perdue et vulnérable, ou au contraire redoutablement manipulatrice. Obsédé par cette affaire, Karim va plonger dans le passé mystérieux de Natalie et de sa famille.

La série Possessions a tout d’un thriller classique, mais réussit également à y incorporer une part de fantastique, dont le mythe du Dibbouk, un démon qui habite le corps d’un individu dans la mythologie juive. La force de la série est de toujours reste sur ce « entre deux » avec d’un côté la réalité et de l’autre le surnaturel, sans jamais vraiment rien infirmer, laissant le spectateur mener sa propre enquête et se faire son propre avis. Est-ce une histoire de famille dysfonctionnelle ou de Dibbouk ?

On aborde la série à travers le regard de Karim, interprété par Reda Kateb. Il est étranger comme nous par rapport à ce pays mais également par rapport à la famille de Nathalie. L’Israël, qui est le décor principal de la série, y joue un rôle important comme un personnage à part entière. Cette terre dégage une certaine énergie qu’on ressent à travers l’écran. La série a également était tournée en partie en Palestine.

L’autre partie importante de Possessions c’est la famille. « On a construit cette famille peu à peu avec ses névroses, tout passait par les personnages sans qu’ils intellectualisent ce qui leur arrive. Nathalie veut être heureuse et le cherche jusqu’au bout. C’est une famille française à cheval entre deux cultures. Du côté israélien on a des personnages qui incarnent la brutalité de l’Israël. On est plongé dans la réalité religieuse et cartésienne de ce pays. » nous dit Valérie Zenatti.

Mais le sujet principal est la possession dans toutes ses formes, d’où le « S » à la fin du titre de la série, et en particulier la possession des femmes de nos jours. La série aborde ces sujets, l’abus, la féminité, la place de la femme en Israël, malheureusement c’est pas toujours bien mis en forme. Rida Kateb affirme lui même que c’est une série féministe et qu’il est content de faire parti de ce projet.

Hormis Reda Kateb, on retiendra Nadia Tereszkiewicz, jeune actrice qui sans parler arrive à nous faire passer par de nombreuses émotions. « C’était impressionnant de voir comment elle était impliquée dans son rôle, juste, tournée vers les autres. J’étais spectateur de la naissance d’une étoile. » confie Reda Kateb avec beaucoup d’admiration. Nadia, quant à elle raconte sa manière de travailler : « J’ai essayé de réfléchir comment physiquement Nathalie pouvait ressentir ce qu’il lui arrivait vue qu’il n’y avait rien qui pouvait l’expliquer, c’était plus des sensations physiques à essayer de transmettre ». Dans Possessions on retrouve des acteurs français mais également israéliens, qui ont du parler différentes langues devant la caméra qui n’est pas la leur. Ils ont beaucoup travaillé avec Valérie Zenatti sur la musicalité de chaque langue.

L’écriture des derniers épisodes n’était pas finalisée quand le tournage a commencé et donc de voir comment se passait le tournage a influencé sur l’écriture. Par exemple, les scénaristes ont voulu garder finalement ce trio de sœurs jusqu’à la fin.

La série se termine sur une hypothèse pas forcément claire mais qui permet aux téléspectateurs de se faire sa propre opinion, et de réfléchir à ce qu’est vraiment la possession du corps d’une femme à tous les niveaux. Possessions, malgré sa fin qui peut être interprétée de différentes manières, laisse peu de place pour une saison 2, qui au final ne serait pas forcément utilise, ou alors un spin-off centré sur le personnage de Karim.

5,5/10

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