Avant-premières/Films

Sunset Song : une adaptation bancale

Ne vous fiez pas aux belles photographies pour juger de la qualité de cette adaptation du roman de Lewis Grassic Gibbon, œuvre reconnue en Écosse comme l’une des plus importante du 20ème siècle. Terence Davies passe à côté de l’émotion, pour il semble, rapporter de façon mécanique le récit de cette jeune fermière écossaise.

sunset

Sunset Song – Rezo Film – 2015

Synopsis : Dans la campagne écossaise du comté d’Aberdeen, peu avant la Première Guerre mondiale. Après la mort de leur mère épuisée par les grossesses successives, les quatre enfants Guthrie sont séparés. Les deux plus jeunes partent vivre avec leurs oncle et tante tandis que leur sœur, Chris, et leur frère aîné, Will, restent auprès de leur père, John, un homme autoritaire et violent. Les relations de plus en plus houleuses entre père et fils conduisent Will à embarquer pour l’Argentine. Chris se retrouve dans l’obligation de renoncer à son rêve de devenir institutrice pour s’occuper de son père. Peu après, ce dernier succombe à une attaque. Ne pouvant se résoudre à quitter sa terre natale, Chris décide alors de reprendre seule la ferme familiale.

Ce film est à notre grand regret très inégale. Comme une sorte de pièce dramatique divisée en différents actes, on passe d’un tableau à un autre brutalement sans donner au spectateur le temps de s’identifier. Les personnages n’ont pas de profondeur. L’explication à cette grossière erreur serait peut-être la volonté de relier ces étapes épileptiques grâce à la voix off de la jeune femme, une voix à l’accent écossais très prononcé, voix qui se voudrait profonde et littéraire.

Heureusement, le manque de développement narratif  est récupéré par la qualité photogénique du lieu de tournage extérieur, la photographie et le grand développement sonore notamment au niveau de la musique de Gast Waltzing qui implante dès les premières images dans cette part de culture britannique. Mais ici se crée un deuxième décalage par le casting de l’actrice principale. Actrice qui n’est peut-être pas à la hauteur d’un texte aussi émotionnellement complexe. Agyness Deyn (Chris Guthrie) reste une jeune femme à la beauté froide d’une mannequin de magasin de mode et son jeu sans finesse rend son rôle de jeune fermière totalement improbable. L’unique personnage digne d’intérêt serait sans aucun doute celui de Peter Mullan (Cheval de guerre, Hercule) qui joue un parfait père de famille, vieux grincheux et patriarche despotique. 

L’essai de ce film était donc d’une certaine manière pour le réalisateur de The Deep Blue Sea (2011) un moyen de rendre hommage à l’œuvre littéraire et à la série réalisée par la BBC il y a trente ans. Montrer l’existence de ces pauvres fermiers qui essayent de cultiver la terre de leurs ancêtres. Il est dommage que l’angle épique et intimiste du roman ne soit pas assez tangible. Le film ne parvient pas à atteindre son climax et s’étire en longueur.

5/10


Sortie en France : 30 mars 2016
Réalisateur : Terence Davies 
Acteurs :  Agyness Deyn, Peter Mullan, Kevin Guthrie
Genre : Drame
Nationalité : Royaume-Uni, Luxembourg
Distributeur : Rezo Films

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