Avant-premières/Films

The Signal : Un peu brouillé

En compétition officielle du festival international du film fantastique de Gérardmer qui s’est achevé hier soir, The Signal ne bénéficiera pas d’une exploitation en salle mais d’une sortie en DVD et Blu-Ray le 04 février, et il est déjà disponible en VOD. Notre invitée, C.M., a assisté à l’unique projection parisienne du film, voici son avis !

The Signal - WildSide

The Signal – WildSide

SynopsisNick et Jonas sont deux étudiants passionnés de piratage, en première année au MIT. Lors d’un road trip à travers le Sud-Ouest des Etats-Unis avec la petite-amie de Nick, Hailey, ils sont attirés par un génie de l’informatique dans une zone étrangement isolée… Soudain, tout devient noir. Lorsqu’il reprend conscience, Nick est seul, déboussolé. Une lutte contre des forces qui le dépassent va alors commencer…

The Signal, film de science-fiction de William Eubank, qui a réalisé auparavant Space Time : L’ultime Odyssée, laisse un goût de semi-échec, teinté de jolies trouvailles et de réussites au coup par coup. Rien de révolutionnaire dans son intrigue, ni son traitement esthétique, des acteurs ni brillants, ni pour autant mauvais… Un film assez plat dans l’ensemble, cependant, le twist final est extrêmement bien mené, laisse songeur et remet l’intégralité du film dans une nouvelle perspective.

Spoilers !

Le film s’ouvre sur une ambiance road-trip gentille, sans prétention, avec une photo léchée et colorée. Trois jeunes traversent les Etats-Unis, ils organisent le déménagement de Haley (Olivia Cook), et son copain, Nic (Brenton Thwaites), ancien coureur qui a désormais un handicape aux jambes, s’éloigne d’elle. Nic et Jonah (Beau Knapp) sont des geeks de haut niveau et décident de suivre le signal d’une adresse IP d’un hacker qui les nargue. Arrivés sur place, on a droit à une séance en found-footage dans une maison abandonnée. Eubank joue avec l’idée de film d’horreur, crée une tension efficace. Et enfin, nous voilà plongé dans une ambiance typiquement X-Filesienne, quelqu’un ou quelque chose agresse Haley, et puis plus rien… Faut-il préciser que l’on se trouve dans le Nevada ? On retrouvera Nic, immobilisé dans un fauteuil roulant, avec en face de lui le Dr Damon (Laurence Fishburne) qui est parfaitement calfeutré dans une combinaison tout ce qu’il y a de plus cosmonaute un peu retro. Question étrange de Damon, panique de Nic… s’enchaînent dans une ambiance tout ce qu’il y a de plus classique quant au traitement d’un monde hospitalier froid, blanc cassé, décalé, déshumanisé où tout se veut obscur et indéchiffrable. Nic est-il fou et contaminé par une entité extra-terrestre comme on veut lui faire croire, ou simplement manipulé comme un cobaye à la lumière d’une scène étrange et quasiment expérimentale où une vache, observée derrière une vitre de laboratoire, semble tout ce qu’il y a de plus monstrueux, étrange et anormale.

Le film, a ce moment commence un peu à être lassant, et au moment où l’on commence à décrocher, advient enfin un rebondissement inattendu : Nic n’est pas paralysé, en réalité on lui a greffé des jambes mécaniques extra-terrestres. Surprenantes et esthétiquement joliment travaillées. L’intrigue redémarre, Nic s’échappe du centre avec Haley et commence une chasse à l’homme. Cette partie du film est assez mal traitée, on retombe dans les bons sentiments que l’on avait à la pelle dans l’aspect road-trip du début du film, les héros se déplacent en camion (qui n’est pas sans rappeler Transformers…). Les deux fugitifs retrouvent Jonah qui a eu le droit à une paire de bras bionique. Coincé dans le désert, on a enfin la confirmation que l’on se trouve bien en zone 51 ; l’endroit hors du temps, avec des habitants étranges ne dégage pas le malaise qu’il aurait pu rendre. Eubank n’arrive pas à affirmer son originalité, encombré par ce qui a été fait (en mieux) sur le même sujet. On est un peu agacé des scènes d’action de la fin du film, une multitude de ralentis sont là plus pour cacher le manque de moyen que par ambition esthétique, le Dr Damon se transforme en tueur, les balles sifflent, la poussière vole… Peu efficace. On a peur qu’Eubank ait totalement cédé à la facilité, mais son intelligence est d’aller au bout de son idée de corps bionique : les jambes de Nic lui permettent de courir, oui, mais surtout de courir plus vite de le temps et l’espace. Eubank assume l’exubérance de la manœuvre et nous offre une réflexion à mi-chemin entre Matrix et Interstellar que ce soit visuellement ou idéologiquement parlant. A la lueur de cette fin qui laisse songeur, on se prend à se demander si, après tout, nous ne sommes pas dans la Matrice ou bien, perdu dans une zone 51 géante.

The Signal est inabouti et aurait demandé un travail scénaristique plus poussé, cependant, il recèle quelques trouvailles esthétiques, une jolie photo. L’erreur d’Eubank a peut-être été de s’attaquer à un sujet déjà maintes fois travaillé et de ne pas savoir correctement orienter son film, jouant trop sur de multiples registres qui ne se combinent pas aussi bien qu’ils auraient pu.

5,5/10


Sortie en France : 29 janvier 2015 (festival de Gérardmer), 30 janvier (VOD), 4 février (DVD/Blu-Ray)
Réalisateur : William Eubank
Acteurs : Brenton Thwaites, Olivia Cooke, Beau Knapp, Laurence Fishburne
Nationalité : américain
Distributeur : WildSide (DVD/Blu-Ray)

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